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Pourquoi ne faut-il pas asseoir les bébés ?

Pourquoi il ne faut pas asseoir les bébés

Sylvie Lavergne – 

Article paru dans la revue L’Assmat La revue d’informations professionnelles des assistantes maternelles et des assistantes familialesMai 2013 – N°118, pages 7-11.S’appuyant sur les travaux de la pédiatre hongroise Emmi Pikler.

L’association Pikler-Làczy prône la motricité libre. Sylvie Lavergne, psychomotricienne et formatrice au sein de cette structure, explique pourquoi il n’est pas opportun d’asseoir le bébé « de force », mais de le laisser s’asseoir tout seul, au gré de ses progrès psychomoteurs et des découvertes de ses capacités motrices.

C’est aux alentours de la période des 6-9 mois que, spontanément, l’adulte pose le tout-petit assis au sol pour jouer, généralement sur un tapis avec un environnement de coussins en bas du dos pour le soutenir, jambes allongées et écartées, avec des jouets devant lui. Si l’adulte environne le petit enfant de coussins, c’est peut-être qu’il n’est pas très sûr de son équilibre et qu’il lui crée une aire confortable de réception en cas de chute… vers l’arrière ? Lorsque l’on demande à l’adulte si le petit enfant se met assis tout seul, la réponse la plus fréquente est : « Oui, oui, il tient assis. » Si on insiste un peu dans le questionnement : « Comment ce petit enfant fait-il pour se mettre assis ? », la réponse est plus nuancée : « Ah non, c’est moi qui le mets assis. »

Il existe une représentation classique du petit enfant qui aime jouer assis pour voir le monde, d’où cette installation assise spontanée pour lui permettre de jouer dès lors qu’il se tient assis. Cela traduit une méconnaissance du développement psychomoteur libre du petit enfant construit étape après étape par lui-même, et dans lequel il est seul initiateur de ses mouvements et postures.

=> Lire la suite de l’article de Sylvie Lavergne (format pdf) sur le site de Michèle Forestier

On se remémore:

6 mois: motricité globale

Développement de la motricité globale

Grâce au développement de sa motricité globale, votre bébé acquiert le sens de l’équilibre, de la coordination et utilise ses grands muscles, ce qui lui permet de maîtriser certaines activités physiques. Au cours de la prochaine année, votre bébé développera sa motricité globale en acquérant différentes habiletés, comme s’asseoir, ramper, marcher, courir, grimper, sauter et tout ce que son corps lui permet de faire et qu’il aime généralement. Le développement de la motricité globale aide grandement au développement de la motricité fine.

À cet âge :

  • Il se retourne sur le ventre lorsqu’il est couché sur le dos, et sur le dos lorsqu’il est couché sur le ventre.

Rappelez-vous que les enfants ne se développent pas tous à la même vitesse dans tous les domaines. L’information sur ce site Web est conçue pour être générale. Si le développement de votre enfant vous préoccupe, le mieux est de consulter son médecin.

  • Il se tient assis seul en s’appuyant sur ses bras allongés devant lui et il peut même demeurer assis quelques instants sans appui.
  • Lorsqu’il est couché et que vous lui présentez vos mains, il les agrippe et essaie de se tirer pour s’asseoir.
  • Il contrôle complètement sa tête dans toutes les positions.
  • Il peut se tourner vers la gauche et vers la droite lorsqu’il est couché sur le ventre.
  • Il peut se lever sur les mains et les genoux (position 4 pattes) et commencer à se balancer.
  • Il veut avancer sur le ventre, mais il se pousse plutôt vers l’arrière avec ses mains.

Au cours des prochaines semaines, il commencera à :

  • Chercher à se protéger en allongeant les bras vers l’avant et sur les côtés.
  • S’asseoir seul.
  • Passer de la position assise à la position couchée sur le ventre.
  • Avancer en rampant sur le ventre.
À surveiller
Consultez le médecin de votre enfant si :

  • votre bébé ne tient pas bien sa tête lorsque vous le tenez dans vos bras ou assis;
  • votre bébé ne touche pas ses genoux ou ses pieds avec ses mains.

Comment l’aider à progresser?

Votre bébé a une personnalité unique et il se développe à son propre rythme. Mais vous pouvez contribuer à favoriser ce développement en mettant en pratique l’approche parentale Réconforter, jouer et enseigner.

Cette approche a été conçue pour s’intégrer facilement à votre routine quotidienne. Adapté à l’âge actuel de votre bébé, le tableau ci-dessous vous donne des exemples de petits gestes bénéfiques au développement de sa motricité globale.

Réconforter

Lorsque vous félicitez votre bébé chaque fois qu’il se retourne ou se lève sur les genoux, votre bébé se sent valorisé par votre réaction positive et tente de répéter le geste.
Lorsque vous vous étendez sur le dos en prenant la main de votre bébé, qui est lui aussi couché sur le dos à vos côtés, et l’encouragez doucement à se retourner en imitant votre mouvement, puis le félicitez de ses efforts, votre bébé se sent rassuré et a confiance en sa capacité de se retourner de lui-même.

Jouer

Lorsque vous assoyez votre bébé par terre et l’appuyez sur des oreillers, votre bébé voit son environnement d’un nouvel angle.
Lorsque vous maintenez votre bébé en position assise devant vous et lui chantez des comptines, comme Frère Jacques, votre bébé se sent plus à l’aise de s’asseoir vous sachant à ses côtés.

Enseigner

Lorsque vous couchez votre bébé par terre sur une couverture et l’encouragez à se retourner en plaçant son jouet préféré près de lui, votre bébé commence à comprendre qu’il peut bouger d’autres façons.
Lorsque vous jouez avec les orteils de chaque pied de votre bébé en chantant et en exagérant vos expressions faciales, votre bébé aime la sensation de se faire tripoter les orteils et attend avec impatience les chatouillis de la fin.

 

 

 sources// 

Références : L’Assmat, La revue d’informations professionnelles des assistantes maternelles et des assistantes familiales Mai 2013 – N°118, pages 7-11. Site : www.assmat.presse.fr/  osteopathie-france.net

 
Révision scientifique : Hélène Sabourin, chef professionnel en physiothérapie, et Christine Montminy, physiothérapeute, CHU Sainte-Justine
Rédaction : Équipe Naître et grandir

Des outils aux enfants…

L’importance d’apprendre à utiliser des outils…

Pour dessiner, peindre ou découper, l’enfant a besoin de manipuler des crayons, des pinceaux et des ciseaux. En plus d’une bonne coordination, l’utilisation de ces outils exige des habiletés complexes. L’enfant doit saisir ces outils, les tenir en main, puis apprendre progressivement à faire les gestes appropriés pour bien les manipuler.

Crayons et pinceaux7

Vers 18 mois, l’enfant commence à aimer gribouiller. Il apprend à utiliser la craie de cire. Au départ, il la tient à pleine main et fait des traits dans toutes les directions. Il apprend ensuite, graduellement, à tenir la craie entre les doigts et le pouce. Étant plus long et plus fin, le crayon de bois demande une plus grande dextérité.

Au fil des mois, les gestes de l’enfant deviennent de plus en plus précis.

Vers 3 ans, l’enfant utilise avec plaisir craies et crayons. Avec l’expérience et à mesure qu’il réussit à bien dissocier ses doigts, il se débrouille de mieux en mieux.

Vers 4 ans, il tient la craie et le crayon comme un adulte (entre le pouce et l’index, appuyé sur le majeur). Il saisit le crayon de plus en plus bas, donc de plus en plus près du papier, ce qui témoigne d’un meilleur contrôle de ses gestes et facilitera l’écriture.8

Vers 4 ans à 5 ans, l’enfant arrive maintenant à utiliser efficacement les pinceaux. Même s’il prend plaisir à peindre avec un pinceau avant cet âge, l’enfant n’arrive pas encore à contrôler le trait ou à estimer la quantité de peinture nécessaire. Pour s’initier à la peinture, le jeune enfant peut aussi utiliser ses doigts.

Droitier ou gaucher?
Même si un enfant semble préférer utiliser une main plus que l’autre dès l’âge de 2 ans, la latéralité (le fait que l’enfant soit droitier ou gaucher) ne s’établit véritablement que vers 4 ans ou 5 ans. La main dominante est celle qui sera utilisée pour les tâches qui demandent de la précision : manger, dessiner, insérer un morceau de casse-tête, boutonner un vêtement.

Ciseaux2

Plus complexe que dessiner, utiliser des ciseaux demande précision et entraînement. Pour découper, l’enfant doit faire une séquence de gestes : ouvrir les ciseaux, les avancer sur le papier et les fermer, puis les ouvrir à nouveau, avancer dans la fente qui a été faite et recommencer.

Vers 2 ans et demi, l’enfant peut s’amuser à tenir à 2 mains une paire de ciseaux à bouts ronds, à les ouvrir et à les fermer. Il se familiarise ainsi avec le fonctionnement des ciseaux. Si l’on tient pour lui une feuille de papier à la verticale, l’enfant parviendra à découper une entaille droite. Il peut aussi couper un ruban bien tendu que l’on tient.

Les enfants gauchers seront bien plus habiles s’ils utilisent des ciseaux spécialement conçus pour les gauchers.

3Quelques mois plus tard, l’enfant peut tenir lui-même le papier d’une main et les ciseaux de l’autre. Il peut aussi apprendre à mettre le pouce dans l’anneau supérieur des ciseaux et l’index et le majeur dans l’anneau inférieur. Avec de l’entraînement, l’enfant peut réaliser une frange en faisant des entailles, les unes à côté des autres, dans une feuille de papier.

Vers 3 ans à 4 ans, l’enfant est souvent en mesure de faire les gestes complets du découpage : ouvrir, avancer et fermer les ciseaux. Il peut véritablement découper. Il parvient probablement à découper une bande de papier d’environ 10 cm de large, en faisant avancer ses ciseaux.

Vers 4 ans à 5 ans, l’enfant peut être capable de découper une feuille en suivant une ligne droite, puis de découper des formes arrondies. Les premiers cercles qu’il découpe sont encore approximatifs, car il a du mal à changer de direction.4

Vers 5 ans à 6 ans, l’enfant peut réussir à découper des formes qui présentent des angles, comme des carrés et des rectangles. Pour l’aider, on peut lui montrer comment s’arrêter aux coins, puis comment tourner la feuille afin de poursuivre le découpage.

Découper : plus que du bricolage
Apprendre à utiliser des ciseaux est une bonne façon de stimuler la motricité fine d’un enfant. En découpant, le tout-petit développe les muscles de sa main dominante. En particulier, il améliore son contrôle sur les mouvements de son pouce, ce qui l’aidera à tenir un crayon. Ses yeux et sa main apprennent également à travailler ensemble, ce qui est un atout pour s’habiller (utiliser une fermeture éclair ou boutonner des boutons, par exemple) et dans les jeux de ballons. Enfin, il apprend à coordonner ses deux mains lorsqu’elles ne font pas la même chose. Cette aptitude lui servira pour déplacer une feuille pendant qu’il écrit, pour utiliser un couteau et une fourchette et pour attacher ses souliers.

 Les âges mentionnés ici ne sont que des points de référence. Un enfant plus moteur ou ayant souvent accès à des crayons, des pinceaux ou des ciseaux deviendra habile plus rapidement.1

Astuces pour aider l’enfant à s’exercer à découper

  • Choisissez des ciseaux avec 2 anneaux de tailles différentes : l’un pour le pouce et l’autre, plus grand, pour l’index et le majeur. Cela facilitera la prise des ciseaux.
  • Mettez une gommette sur l’ongle du pouce de votre enfant pour l’aider à positionner son pouce correctement. La gommette doit toujours « regarder le ciel».

Si l’enfant est très maladroit avec des ciseaux, il n’a peut-être pas souvent utilisé cet outil. Il a juste besoin de s’exercer davantage.6

  • Favorisez les découpages qui permettent ensuite de réaliser un bricolage ou des décorations (: guirlande, collier, bandeau). L’enfant aura alors plus de plaisir à découper.
  • Si vous avez un papier cadeau à motifs réguliers (: avec des petites fleurs), demandez à l’enfant de tracer aux ciseaux son propre chemin entre les motifs. Cette activité est plus facile que de découper une forme précise.
  • Quand l’enfant découpe un cercle ou un carré, enseignez-lui à tourner la feuille au lieu de constamment réorienter ses ciseaux.
  • Donnez à l’enfant des formes à découper qui sont colorées, car il est plus facile de suivre le pourtour d’une telle forme qu’une simple ligne noire.
  • Invitez l’enfant à faire des boudins en pâte à modeler, comme des spaghettis, puis à les découper.
  • Proposez au tout-petit de combiner découpage et collage, ou dessin et découpage. Ainsi, l’enfant pourrait coller 3 cercles qu’il vient de découper sur un carton pour en faire un bonhomme de neige, ou découper un carré, pour en faire le point de départ d’une maison.5

 

source/ naître et grandir

 

LA SÉPARATION ET LES RETROUVAILLES

LA SÉPARATION et LES RETROUVAILLES

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Le congé maternité prend fin, et vient le moment de confier son enfant à une tierce personne. Des sentiments souvent contradictoires surgissent à l’heure de cette première séparation. Aussi difficile soit-elle, elle peut être bénéfique pour chacun. Quelques pistes pour mieux vivre cette étape, avec Christine Brunet, psychologue clinicienne et psychothérapeute, et Stephan Valentin, psychologue.

LA SÉPARATION

Ce que cela signifie pour le bébé

5Aussi petit soit-il, le bébé se rend compte de ce changement de vie. « Il perçoit l’urgence du temps et du rythme, mais aussi l’anxiété de ses parents. Il peut traduire ce sentiment d’insécurité par quelques caprices. », explique Christine Brunet, psychologue. Dans le même temps, cette séparation peut le rassurer. Elle lui montre que ses parents peuvent le laisser, mais qu’ils reviennent toujours le chercher.

Ce que cela signifie pour la maman

12C’est souvent pour la maman que cette première séparation est la plus difficile. Après des semaines de fusion, vient l’heure de rompre cette dyade originelle. Entre la culpabilité de confier son enfant pour aller vivre sa vie de femme active, l’angoisse d’un éventuel incident, et parfois, la jalousie envers cette tierce personne qui passera la journée avec son bébé, l’entrée à la crèche ou chez la nounou est un véritable crève-cœur.

« La maman ne s’occupe plus soi-même de son enfant, elle se sent dépossédée de son rôle », explique Stephan Valentin.

Mais rassurez-vous : votre bébé n’a qu’une seule maman, vous. Il est important de travailler sur cette angoisse ; votre enfant vivra d’autant mieux cette séparation que vous l’accepterez. Ce qui nécessite, parfois, un petit travail sur soi. Mettre des mots sur les sentiments qui nous animent – culpabilité, peur, frustration… – en parler avec son compagnon, son enfant, et accepter ces sentiments.

Nos conseils : temps d’adaptation et confiance

Respecter une période d’adaptation
Quel que soit le mode de garde, une période d’adaptation est indispensable pour le bébé et ses parents. Le système est bien rôdé dans les crèches avec une adaptation échelonnée sur une ou deux semaines : une ou deux heures les premiers jours, une demie journée, puis une journée entière. S’en inspirer pour l’entrée chez l’assistante maternelle.temps

Dans ce processus, le rôle de la mère est central. « C’est un temps où vous, sa mère, allez accompagner votre bébé dans son nouveau lieu, y être avec lui, vous tenir dans toutes les pièces où il se tiendra bientôt seul. Ce lieu sera pour lui investi de votre présence et votre bébé se souviendra de vous lorsqu’il s’y retrouvera seul », explique la psychothérapeute AnneBacus*.1

Ce temps d’adaptation est aussi l’occasion de faire connaissance avec le personnel de la crèche, de lui poser des questions, mais aussi formuler vos attentes en matière d’éducation et de soins à votre enfant.

Avoir confiance en son mode de garde

Depuis la naissance, la maman s’est tellement investie dans son rôle qu’elle pense être l’unique personne capable de s’occuper de son bébé. Au fil de ce tête-à-tête quotidien, elle a appris le « fonctionnement » de son enfant ; elle sait désormais décrypter ses pleurs, y répondre. Il faut toutefois garder à l’esprit que la ou les personnes en charge du bébé – assistante maternelle ou puéricultrices – ont reçu une formation pour exercer ce métier.

4

La journée, elles sont disponibles à 100% pour les enfants – pas de repas à préparer, de repassage ou de ménage à faire par ailleurs. Des bébés, elles en ont vu passer, et savent s’adapter au rythme de chacun.

La séparation se fera d’autant mieux que votre bébé sentira que vous le laisser en toute confiance le matin.

Expliquer la situation à son enfant

Lors de toute situation nouvelle, il est important de parler à son bébé, quel que soit son âge.

« Je te laisse pour aller au travail, mais la nourrice va s’occuper de toi. Je reviendrai ce soir te chercher, et je penserai à toi pendant toute la journée ».

8Ces mots rendront la séparation plus douce, car « la parole reste quand celui qui l’a prononcé a disparu », disait Françoise Dolto.

 

« Si le bébé ne peut saisir le sens des mots, il est sensible à l’intonation de la voix de ses parents. Il est tout à fait naturel d’être contente de retrouver son travail, et il faut transmettre, par la voix, ce plaisir d’aller faire ce que l’on a à faire », ajoute Christine Brunet.

Choisir le bon moment10

Trois périodes critiques de séparation jalonnent le développement psychoaffectif du bébé :

4, 8 et 12 mois.

L’enfant prend conscience des étrangers et acquiert en autonomie ; pour garder ses repères, il a en contrepartie besoin de stabilité. Dans la mesure du possible, mieux vaut donc éviter ces âges pour une première séparation.
l’adaptation faite,

la séparation quotidienne sera un moment délicat à ne pas négliger!

6Pour une bonne séparation, il est préférable quelle soit rapide, sans trop trainer, si non l’angoisse et les pleurs grossissent. L’enfant doit être averti, clairement. Il ne faut pas partir en douce, le sentiment d’abandon sera d’autant plus ressenti.

LES RETROUVAILLES :

Moment qui devrait être heureux mais ne l’est pas toujours !

Voila un moment qui s’avère bien des fois difficile. C’est pour cela qu’il faut mettre des règles et ne pas y déroger. Souvent, au moment des retrouvailles avec les parents chez l’assistante maternelle, l’enfant se retrouve confronté aux 2 autorités, celle du parent et celle de l’assistante maternelle. Et il est difficile, pour lui de s’y retrouvé. L’enfant se met à ne plus écouter, faire des caprices, refuser tout ce qu’on lui dit ou fait (habillement, etc…)

Après cette longue journée passée sans vous à la crèche ou chez sa nounou, vous espériez qu’il vous fasse fête et saute dans vos bras. Mais c’est à peine s’il vous voit…2

• Toutes les jeunes mères ont vécu ça : la maman enthousiaste (et un peu coupable) retrouve son bébé chéri après le travail : « Comment ça va, mon ange ? Qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui ? Tu as été sage ? » Mais le bébé chéri se renfrogne, regarde par terre, continue à jouer sans se lever ou, pire, se réfugie dans les jupons de sa nounou. Que se trame-t-il derrière ce petit drame ?
Il boude quand vous le récupérez le soir ? Ne le prenez pas mal…

• Les mamans considèrent souvent que l’enfant fait la tête pour marquer le coup : « Tu m’as laissé, maintenant tu vas payer. » C’est vrai, mais en partie seulement. Expliquez-lui que chacun a ses activités dans la journée, que vous l’aimez très fort mais que c’est comme ça. Évitez de mendier sa tendresse. Comment peut-il accepter la séparation, si au retour vous l’habituez au corps à corps fusionnel ?

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Trois raisons de ne pas vous angoisser…
Quand vous arrivez, votre enfant est souvent plongé dans une activité ou une rêverie personnelle. Vous faites irruption dans un monde dont vous n’êtes pas le centre. Très jeune, votre enfant est même étonné de vous revoir. Un peu plus âgé, vous le dérangez. Attendez qu’il finisse son activité, plutôt que de le vouloir à votre disposition.
Pas de réponses immédiates à vos questions sur sa journée ? C’est normal. Il grandit, et a une vie en dehors de vous.
Sa journée a été longue. Il est peut-être fatigué et donc irritable. Ça arrive à tout le monde…
Il est donc judicieux de décider, à l’avance, quelle autorité sera la bonne. Et de préférer à une séparation cette fois ci, avec l’assistante maternelle, courte, rapide, clairement expliquée (ce qu’elle aura fais au préalable).
La transmission sera de courte durée, pour plus de précision, le cahier de liaison est fait à cet effet.

Profiter des retrouvailles

« L’intensité et la qualité du temps de présence compte davantage que la quantité » rappelle Anne Bacus. Aussi difficile soit-il de décrocher des préoccupations professionnelles et de fermer les yeux sur les tâches domestiques, 11essayez de consacrer entièrement les quelques heures du soir à votre enfant. Le bain, le repas, le coucher sont des moments d’échange tout aussi importants que les autres activités de la journée.
source/ psychologie.com

Pourquoi le sommeil est très important ?…..

 

 Pourquoi le sommeil est très important ?…..

Définition: Le sommeil est un état naturel récurrent de perte de conscience (mais sans perte de la réception sensitive) du monde extérieur, accompagnée d’une diminution progressive du tonus musculaire, survenant à intervalles réguliers et dont le rôle est encore mal connu. L’alternance veille-sommeil correspond à l’un des cycles fondamentaux chez les animaux : le rythme circadien. Chez l’être humain, le sommeil occupe près d’un tiers de la vie en moyenne.9

Le sommeil se distingue de l’inconscience (ou coma) par la préservation des réflexes et par la capacité de la personne endormie à ouvrir les yeux et à réagir à la parole et au toucher. Il existe une organisation du sommeil et de ses trois états. Il est question de cycle circadien pour l’alternance entre la veille et le sommeil. Il est question de cycle ultradien pour l’alternance entre le sommeil lent et le sommeil paradoxal.

Le sommeil dépend du noyau préoptique ventrolatéral (VLPO). Déclenché par l’accumulation quotidienne d’adénosine, le VLPO envoie aux centres de stimulation le signal d’arrêter la production d’histamine et d’autres substances qui nous tiennent éveillés.

les rythmes…..

Les rythmes de sommeil de l’enfant sont différents de ceux de l’adulte et ils évoluent avec l’âge. En moyenne, le nouveau-né dort de 16 à 17h par jour ; l’enfant de 3 ans 12h ; l’enfant de 6 ans 10h et l’adolescent de 12 ans 9h. Pour les parents, le meilleur signe d’un bon sommeil est la forme de l’enfant dans la journée. Un enfant qui ne dort pas assez est difficile à réveiller le matin, fatigué, somnolent et irritable dans la journée. Il fait des fautes inhabituelles à l’école, n’est pas attentif et a tendance à prendre du poids sans raison. Dès la naissance, les parents participent à l’acquisition précoce des rythmes biologiques sommeil/éveil et nuit/jour de leur enfant. Cette éducation précoce des rythmes biologiques de l’enfant est souvent pour les parents une expérience qui se fait sans repères précis.

  • L’endormissement : il est important de savoir reconnaître les signes de l’endormissement et de préparer agréablement le sommeil.6
  • La nuit : l’enfant construit son sommeil de nuit progressivement. L’une des particularités du sommeil du petit enfant réside dans la présence de micro éveils physiologiques d’une durée de 1 à 10 minutes après chaque cycle de sommeil ; si les parents interviennent systématiquement par des bercements ou en donnant un biberon, l’enfant risque d’avoir besoin de ses parents pour se rendormir à chacun de ses réveils.
  • Le réveil : il est conseillé de favoriser un réveil spontané. Pour y parvenir, la régularité des horaires de coucher et de réveil est très importante.
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  • Le sommeil dans la journée : une sieste est souvent nécessaire pour compléter la nuit de l’enfant au moins jusqu’à l’âge de 4 ans et sa durée est fonction du besoin de récupérationChaque petit train correspond à un cycle de sommeil et est composé de plusieurs wagons qui représentent les différents stades de sommeil. La longueur des trains (c’est-à-dire la durée des cycles) mais aussi leur composition, varie d’âge en âge: chez le nouveau né, chaque train est constitué de 2 wagons (1 wagon de sommeil agité et un wagon de sommeil calme) alors que chez l’adulte, chaque train en comprend 5 (2 wagons de sommeil lent léger, 2 wagons de sommeil lent profond, 1 wagon de sommeil paradoxal). Les trains sont courts et nombreux, et les voyages (plages de sommeil comprenant un ou plusieurs trains) se répartissent tout au long des 24 heures. Bébé commence son voyage par du sommeil agité et le poursuit par du sommeil calme. Au bout de 50 minutes, entre 2 trains, le bébé est tout près de l’éveil, dans une période de sommeil intermédiaire (sommeil très très léger).

    Une succession de petits trains qui nous emmènent en voyage aux pays des songes …

    Chaque petit train correspond à un cycle de sommeil et est composé de plusieurs wagons qui représentent les différents stades de sommeil. La longueur des trains (c’est-à-dire la durée des cycles) mais aussi leur composition, varie d’âge en âge: chez le nouveau né, chaque train est constitué de 2 wagons (1 wagon de sommeil agité et un wagon de sommeil calme) alors que chez l’adulte, chaque train en comprend 5 (2 wagons de sommeil lent léger, 2 wagons de sommeil lent profond, 1 wagon de sommeil paradoxal).


  • train du sommeilDe la naissance à 2 mois
    Les trains sont courts et nombreux, et les voyages (plages de sommeil comprenant un ou plusieurs trains) se répartissent tout au long des 24 heures. Bébé commence son voyage par du sommeil agité et le poursuit par du sommeil calme. Au bout de 50 minutes, entre 2 trains, le bébé est tout près de l’éveil, dans une période de sommeil intermédiaire (sommeil très très léger).
  • De 2 à 6/9 mois
  • Les trains sont plus longs (70 minutes environ). 7
  • Le sommeil agité devient, dès 2 mois, du sommeil paradoxal comparable à celui de l’adulte (sommeil des rêves).
  • Le wagon de sommeil calme se transforme en 2 wagons de sommeil lent.
  • Les voyages deviennent progressivement plus longs la nuit (12 heures en moyenne, soit 10 à 12 trains).
  • Pendant la journée, les voyages sont plus courts et sont entrecoupés d’éveils de plus en plus longs.

Le sommeil agité (équivalent du sommeil paradoxal de l’adulte)

Le visage du bébé est animé de petits mouvements, sa respiration est irrégulière, l’activité de son cerveau est intense.Il peut avoir des mouvements corporels au cours desquels il devient rouge, s’étire, grogne. Parfois il peut ouvrir les yeux un court instant. Cela dure de quelques secondes à 1 à 2 minutes et il se calme.2

 

 

Le sommeil calme (équivalent du sommeil lent)

Le bébé est immobile, ses yeux sont fermés sans mouvements occulaires, son visage est détendu. Parfois il a des mouvements de succion périodiques. Sa respiration est calme et régulière.

phases-sommeil

Des spécialistes de santé, nous disent….

« Nos enfants ne dorment pas assez !

Tel est l’avis quasi unanime des spécialistes qui, pour la plupart, lancent un message d’alerte sur les effets négatifs à court terme et les conséquences, parfois plus lourdes, sur le long terme, du manque de sommeil chez les plus jeunes. Lors du colloque «Art complexité cerveau» qui s’est tenu en septembre dernier dans les Alpes-Maritimes, le neurophysiologiste Pierre Bustany a souligné l’impact de ce déficit sur le développement cognitif.

En clair, certains enfants lésés de sommeil seraient aussi lésés d’une partie de leurs capacités d’apprentissage, et ce de façon peu réversible.

Comme le rappelle la psychologue clinicienne Marie-Noëlle Maston dans son dernier ouvrage, de nombreuses fonctions, particulièrement importantes chez l’enfant, s’accomplissent durant le sommeil.

Parmi elles, la sécrétion de l’hormone de croissance, la sécrétion de la prolactine qui stimule le système immunitaire, et aussi, note-t-elle, «les fonctions mentales et psychiques comme la mémorisation et l’organisation des informations acquises pendant la journée». En somme, pour bien apprendre, mieux vaut bien dormir.4

Si certains enfants souffrent de troubles de sommeil de façon chronique, d’autres peuvent traverser des difficultés ponctuelles d’endormissement.

Parmi les plus fréquentes,

La peur du noir,

Courante à partir de 18 mois et jusqu’à l’âge de 7 ou 8 ans. D’origine ancestrale, cette peur est une étape normale du développement émotionnel. Il faut la prendre au sérieux, rassurer l’enfant, noirdéterminer ce qui l’effraie, au besoin installer une petite veilleuse sans fil, ou laisser sa porte de chambre entrouverte.

 

 

Autre difficulté passagère,

L’angoisse de séparation.

L’enfant a du mal à se séparer de ses parents. À moins que ce ne soit l’inverse, comme l’observe Marie-Noëlle Maston dans sa pratique clinicienne:  peur separation«Lorsqu’un enfant a du mal à se détacher de sa mère (ou/et de son père), c’est qu’elle-même éprouve une difficulté à se séparer de lui.» 

 Pour que l’enfant puisse dormir en toute sérénité, il est nécessaire de le «nourrir affectivement pour la nuit».

L’histoire, la berceuse, le câlin, le doudou constituent les «nourritures» précieuses d’un rituel, moment privilégié de rencontre et de détente, qui ne doit toutefois pas s’éterniser. Il faut bien sûr bannir les écrans, sous toutes leurs formes, au moins une heure avant le coucher.

La stimulation visuelle, l’activité cérébrale qu’ils induisent perturbent l’endormissement et la qualité du sommeil. 5

Enfin et surtout, il demeure essentiel de coucher son enfant à une heure raisonnable, correspondant à ses besoins. 

Or, certaines études montrent que les 4-5 ans se couchent fréquemment vers 23 heures ou minuit ! «Les parents ont de moins en moins de présence pleine à offrir à leurs enfants. Comme ils veulent tout de même profiter d’eux, ils les couchent plus tard, ou plutôt les laissent “ne pas avoir envie” de se coucher, alors que ces derniers sont fatigués», constate Marie-Noëlle Maston.

 «Il devient normal de rester ensemble le soir, selon un rythme propre à la famille, avec l’idée sous-jacente que si un enfant n’a pas sommeil, il peut veiller», remarque à son tour la psychiatre Sylvie Royant-Parola. 8

«C’est oublier qu’un petit enfant n’a pas la même notion du sommeil ; il peut s’écrouler de fatigue et pourtant occuper l’espace comme une toupie, montrer un comportement énervé ou hyperactif», 

Cette spécialiste du sommeil, présidente du réseau Morphée, rappelle qu’un enfant de moins de 10 ans a besoin d’un temps de repos fondamental pour être en forme le lendemain, réceptif à l’école.

À la différence d’un adolescent qui commande lui-même son sommeil, l’enfant est synchronisé, dépendant de ses horloges biologiques. Il s’endort et se réveille chaque jour à peu près à la même heure. Le coucher plus tard un soir ne change rien. Le lendemain, il ouvre l’œil toujours aussi tôt… À ce sujet, le docteur Royant-Parola attire l’attention sur les enfants de 10 ans, qui sont les seuls à dormir moins en vacances que durant la période scolaire !

La raison est simple: on les laisse se coucher tard le soir et ils se réveillent toujours aussi tôt. De retour en classe, ils sont épuisés, irritables. fatigué

Fait nouveau, les effets du manque de sommeil observés sur les comportements adolescents concernent désormais aussi les plus jeunes.

«L’enfant peut se montrer irrité, coléreux, agressif, en proie à un mauvais contrôle émotionnel. Il risque de s’accrocher avec ses copains, avec l’autorité, voire passer à l’acte sur un registre plus violent», alerte la psychiatre. 

Le sommeil est un besoin important qui évolue avec l’âge et nécessite le respect attentif de l’entourage.

Les consignes ne sont pas les mêmes pour tous les membres d’une fratrie.

La taille du logement entre alors en ligne de compte.

Lorsque plusieurs enfants dorment dans la même chambre, il n’est pas toujours facile de faire accepter des règles différentes.

Si chacun dispose d’un espace bien à lui, le respect des consignes repose sur l’autorité des parents qui doivent jouer leur rôle en posant des limites.

Dans le cas d’une garde alternée, les parents s’efforceront, chacun de son côté, d’être clairs et cohérents dans leurs habitudes, pour le bien de leur enfant.veil

Enfin, selon Marie-Noëlle Maston, il est important de valoriser le sommeil.

Parfois la chambre est présentée comme un lieu de punition. On ne devrait jamais dire: «Si tu n’es pas sage, tu vas aller au lit.» La chambre, le lit doivent être considérés comme des espaces de ressourcement, de détente, de réconfort. «C’est bon de dormir», «On est bien dans son lit, dans son dodo.» Quel parent pense le contraire ? »

 N’oublions pas …

Le rire et le sommeil sont les meilleurs remèdes du monde

proverbe Irlandais

Sources/ http://www.la-croix.com/Famille/Parents-Enfants/Dossiers/Le-sommeil-un-besoin-a-respecter-a-tout-age- neurophysiologiste Pierre Bustany. psychiatre Sylvie Royant-Parola. psychologue clinicienne Marie-Noëlle Maston. sommeil université de Lyon. ircem

CADUCEE PSY

 

DES ENFANTS VIOLENTS ?

creche

 A la crèche …

 

colère3Des petits enfants qui poussent, tapent, donnent des coups de pieds, mordent, griffent, tirent les cheveux, crient, crachent, arrachent un objet des mains, etc… Tous des sauvageons à la crèche, dont il faudrait tester, dès 36 mois, leurs comportements « prédicteurs de délinquance », qu’il faudrait dresser, rééduquer, voire médicaliser, et pour lesquels il faudrait convoquer leurs parents, les éduquer à leur tour dans des « stages parentaux » ? Un tel scénario, un brin kafkaïen, est pourtant au cœur d’un récent rapport de l’INSERM sur ce qui est appelé « trouble des conduites ». S’il y a effectivement une « violence fondamentale » à l’œuvre chez tout être humain, qu’il convient de pacifier par les liens sociaux, l’éducation, la culture, il ne faut pas, pour autant, confondre manifestations de l’agressivité normale du jeune enfant et violences, signes de souffrances psychiques plus graves.

Différencier l’agressivité et la violence

agressivteL’agressivité est au cœur de notre fonctionnement psychique, c’est un élan vital de l’être humain. C’est une volonté d’exploration, de construction, de conquête de soi-même. L’agressivité est toujours adressée à un autre, reconnu comme autre, semblable et différent à la fois. Ainsi, s’agresser entre enfants, c’est aussi une manière de communiquer. Mais comment vivre ensemble, comment « faire société » qui ne soit pas « œil pour œil, dent pour dent » ? C’est la question de l’humanisation, de la « civilisation » de ces pulsions qui pourraient, dans certains cas, devenir destructrices.

bagarreLa violence englobe des symptômes psychiques divers qui peuvent être liés à des angoisses persécutrices ou psychotiques, et pouvant même aller jusqu’à des passages à l’acte barbares. La violence, à la différence de l’agressivité, n’est pas forcément adressée à un autre en tant qu’autre. Elle apparaît comme un déferlement d’une vague gigantesque, fracassant tout sur son passage, sans discernement et « débordant », envahissant le sujet lui-même qui est pris dans ce déferlement et y entraine par là même son entourage. La violence suscite la violence… « La violence, c’est quand on ne dit pas, ou quand on ne dit plus… Alors, on se jette sur l’autre, corps à corps » nous dit Françoise Dolto.

Comment entendre et comprendre les mécanismes psychiques de ces manifestations à caractère violent ?

Dans le développement du petit enfant, l’autre c’est d’abord un « intrus » avant d’être un copain ou un allié, l’autre est quelqu’un qu’on voudrait être, et en même temps qu’on voudrait voir disparaître.

« Pour le petit enfant, aimer c’est devenir comme l’autre » nous dit F. Dolto… dolto

 

Mais, en voulant être cet autre, l’enfant peut être dans le risque de perdre son identité en devenant semblable à cet autre, parce qu’il le pense plus « aimable », plus aimé. Ainsi en est-il des manifestations de jalousie souvent spectaculaires d’un aîné envers le puiné. Qui n’a pas été témoin de ces scènes fréquentes où un enfant crie alors qu’il tire les cheveux d’un copain de crèche, comme si la douleur le touchait lui aussi, ou qui arrache le camion avec lequel jouait tranquillement un enfant alors qu’il a le même à sa disposition à quelques centimètres de lui ? Toutes ces manifestations sont à entendre comme un appel fait à l’adulte de donner des limites, de rappeler une loi humaine, appel à pacification, appel à des mots humanisants, contenants, rassurants et non « stigmatisants » (« Tu es méchant ! »). Gronder, et seulement gronder, n’est pas éducatif en soi. Mais parfois certaines manifestations violentes d’enfants dépassent le cadre « normal » du développement psychique.

Il est important d’y être attentif et de déceler les circonstances d’où peuvent surgir ces mouvements violents. Ils sont alors à entendre comme d’authentiques souffrances psychiques, qui sont le signe d’un désarroi profond de l’enfant et qui se traduisent par des actes souvent incompréhensibles, dérangeants, angoissants pour les parents ou/et les professionnels qui en sont les témoins. Ils sont à la mesure de l’angoisse ou de la confusion qui habite à ce moment là les enfants. Cela peut arriver, par exemple, dans certaines situations « abandonniques » d’enfants « ballottés » entre père et mère en rupture ou en conflit important, ou lorsque le tout petit est sujet à des séparations et ruptures répétées. Son sentiment d’exister, de « continuité d’existence » comme dit Winnicott, est atteint. Par la violence, l’enfant tente de décharger ses sensations internes de déchirement sur un « objet externe », il cherche à lui faire subir la détresse, la souffrance ou le sentiment de menace qu’il ressent. Il est « hors de lui ». Ainsi, par exemple de l’enfant qui se précipite sur l’enfant dont le parent vient le chercher le soir à la crèche, et le mord violemment, sans raison apparente…

mordeur N’est-il pas alors saisi de rage et de désespoir mélangés de voir un enfant accueilli par ses parents présents ?

Comment  répondre  à ces différentes manifestations ?

La crèche est un lieu où se vivent souvent les toutes premières séparations affectives, épreuves de la vie qui peuvent dans certains cas (et malgré le soin apporté à des temps d’adaptation, et à un accueil respectueux des rythmes et des besoins des jeunes enfants) être ressenties de façon violente par les parents, les enfants et les professionnels eux mêmes…

Il y a forcément des inadéquations passagères (ou à plus long terme), des micro -ruptures, des lâchages d’attention soutenue…. qui peuvent être source de discontinuité perturbante pour tout enfant, et de façon plus importante pour un enfant fragilisé. Cela ouvre des brèches par où s’engouffrent les appels d’un enfant qui ne se sent pas suffisamment regardé, écouté, entendu… Lorsqu’un adulte est en capacité de signifier à un enfant qu’il peut contenir son expression violente sans en être atteint ou détruit lui-même (et c’est difficile !), et peut aider à la transformer dans certains cas en jeu dérivatif et symbolisant du conflit qui l’habite,… alors la rage interne de l’enfant peut prendre une autre dimension que celle de la toute puissance imaginaire destructive. Ainsi, la crèche peut devenir le support de l’expression de souffrances d’ailleurs, avec des appels d’enfants, de parents, pour que d’autres puissent modifier ce qu’eux-mêmes ne parviennent pas à pacifier.

colere4Pour autant, les professionnels ne sont pas appelés à être des « substituts parentaux », ni s’improviser psychothérapeutes, et les parents ne doivent pas être considérés comme démissionnaires parce qu’ils ne savent pas comment s’y prendre avec leur enfant. Des psychologues, quand il y en a dans ces lieux crèches où tant de choses se jouent et se nouent précocement, peuvent, de par leur formation clinique, aider à entendre, contenir ces souffrances graves, et orienter si nécessaire vers des structures spécialisées. La thématique des « enfants violents » ne pose-t-elle pas plus largement une question sociétale de la façon dont on traite de ces expressions humaines ? Quel accueil souhaitons-nous offrir aux jeunes enfants d’aujourd’hui et à leurs parents ? Nous sommes dans une société qui obéit plutôt à une logique de la jouissance immédiate, consumériste, qui ne supporte ni délais, ni contraintes. Comment aider et soutenir tout être humain, comme véritable sujet de son Désir (à ne pas confondre avec besoins..) ?

C’est une très grande question qui mérite une attention et des réponses modulées…Danièle Delouvin

 chez les assistants maternels…

Comment réagir face à l’agressivité persistante de l’enfant ?

colère2Durant les premières années de sa vie, votre enfant découvre que le monde ne lui appartient pas, qu’il ne peut le régenter à sa guise et qu’il doit se plier à des règles qu’il n’a pas choisies, qu’il ne comprend pas toujours et qu’il estime injustes. Jusqu’à 3 ans, il exprime sa frustration en développant certaines formes d’agressivité.

Après 3 ans, l’agressivité diminue peu à peu. Si elle persiste, voire, se transforme en violence, il est important d’en comprendre les causes pour aider votre enfant à maitriser ses émotions.

L’évolution de l’agressivité

L’agressivité chez les enfants de moins de 2 ans s’exprime par des coups. L’enfant n’est pas encore en âge d’utiliser la parole pour exprimer ses désirs et ses sentiments. On parle plutôt d’impulsions, « je veux, je prends ».

Vers 2 ans, la période redoutée du « non » s’installe. Votre enfant affirme son autonomie et répond systématiquement « non » lorsqu’il est en colère ou frustré.colere

Passé 3 ans, l’agressivité physique diminue car l’enfant comprend le pouvoir des mots. Il développe une agressivité plus verbale, il se rend compte qu’il peut négocier, menacer et arriver à ses fins par la parole.

Si après 3 ans, votre enfant continue d’être agressif, voire violent vis-à-vis de vous, de ses camarades, mais aussi vis-à vis de lui-même, c’est peut-être le signe d’une souffrance dont il faut trouver la cause. Comprendre les raisons de son agressivité vous permettra d’adapter votre conduite et d’aider votre enfant.

Les causes de l’agressivité

Un enfant agressif peut l’être parce qu’il se sent rejeté, en manque d’attention. L’arrivée d’un bébé dans la famille, par exemple, peut être source d’angoisse et de frustration. Il peut dès lors développer de la colère et adopter un comportement qui attirera l’attention sur lui.

De même, si un enfant manque de confiance en lui, sa défense peut devenir l’attaque.

Le fait d’évoluer dans un environnement familial conflictuel, une ambiance tendue, des relations difficiles avec ses frères et sœurs peuvent devenir pour lui des signes que l’agressivité est une composante habituelle de la vie.

Il peut aussi avoir compris que les adultes cèdent lorsqu’il devient agressif, cela le conforte dans son comportement.

Il peut s’agir aussi d’enfants maltraités,maltraite

  • en danger car ignorés (après une rupture, un divorce, une maladie, une dépression parentale…)
  • en échec scolaire,
  • ou encore face à des parents défaillants ou incapables d’expliciter les règles de vie les plus simples.

La violence peut être aussi une manière d’exprimer son existence, son identité.

L’enfant exprime son désaccord par de la violence, comment réagir ?

Lorsque l’enfant est agressif, faites-lui comprendre clairement et fermement… mais calmement, que vous n’êtes pas d’accord, que son comportement n’est pas bon. Expliquez-lui l’importance des règles indispensables à toute vie en communauté, montrez-lui qu’elles s’appliquent à tous, y compris à vous.

L’enfant s’identifie aux adultes qui lui sont proches.colere5 Adoptez vous-même un comportement pondéré et serein en cas de désaccord avec lui ou avec une autre personne. Il constatera ainsi que l’agressivité n’est pas la seule réponse à un conflit.

Pour l’aider à prendre conscience de son comportement inadapté, placez-le en situation avec des jeux de rôle. Se mettre successivement dans la peau de chaque personnage l’aidera à appréhender les différents sentiments que l’on peut ressentir. Posez-lui des questions : qu’auraient dû faire les personnages ? Qu’est-ce-que lui aurait fait ? Aurait-il été en colère ? Etc.

Lui proposer une activité sportive ou artistique peut être un bon moyen de canaliser une énergie débordante et lui servir de défouloir.

Un enfant agressif est plus souvent réprimandé et culpabilisé que complimenté. N’oubliez pas de le féliciter lorsqu’il adopte une attitude adaptée à une situation dans laquelle il a pu ressentir de la frustration. compliciL’encourager dans ses progrès lui permettra de regagner confiance en lui et le confortera dans ses changements de comportement.

Même en période de stress, essayez de partager des moments calmes avec l’enfant en lui offrant toute votre attention. Ecoutez-le et permettez-lui de s’exprimer. L’aider à mettre des mots sur ses sentiments l’aidera à diminuer son agressivité et vous permettra de comprendre les raisons de son comportement.

L’agressivité envers lui-même

Parfois un enfant retourne sa violence contre lui afin de ne pas s’en prendre aux autres.

L’enfant peut aussi avoir compris que cela vous déstabilisait. Il utilise ce moyen pour vous faire changer d’avis. Vous pouvez alors feindre de ne pas le voir, il arrêtera assez rapidement de se faire mal.

Il est encore une fois important de comprendre les raisons de ce comportement violent pour apporter à votre enfant l’aide nécessaire.

Sources : Danièle Delouvin, psychologue clinicienne, présidente de l’A.NA.PSY.p.e. (Association Nationale des Psychologues pour la petite enfance) / mepedia.fr

CADUCEE PSY

 

PAROLE DE PSY: LA JALOUSIE

LA JALOUSIE

DÉFINITION :

La jalousie est une émotion secondaire et représente des pensées et sentiments négatifs d’insécurité, de peur et d’anxiété concernant une perte anticipée de valeurs personnelles qu’un individu perçoit. La jalousie est un mélange d’émotions comme la colère, la tristesse, la frustration et le dégoût. La jalousie ne doit pas être confondue avec l’envie. cerveau
La jalousie est familièrement liée aux relations humaines. Elle est observée chez les enfants âgés de cinq mois ou plus. Certains témoignages exposent qu’elle est perçue dans toutes les cultures, cependant, d’autres exposent, qu’elle appartient à une culture spécifique !

La jalousie n’est ni subtile ni positive, mais elle est très certainement complexe. Elle naît d’un conflit psychologique, nous renvoyant à nos propres peurs, notre insécurité.

CONSTAT :

bouderLa jalousie chez les enfants et adolescents est plus répandue chez ceux souffrant d’une faible estime de soi et peut évoquer des réactions agressives.
Une telle étude suggère que se créer des amis proches peut être suivi par une insécurité émotionnelle ou solitude chez certains enfants lorsque ces amis interagissent avec d’autres. La jalousie est liée à la violence et à la faible estime de soi. Une recherche effectuée par Sybil Hart, Ph.D., de la Texas Tech University indique que les enfants sont capables de sentir ou d’exprimer de la jalousie à un âge précoce de six mois. Des nourrissons expriment de la détresse lorsque leurs mères s’attentionnent sur des poupées d’apparence humaine. Cette recherche pourrait expliquer la raison pour laquelle les enfants ou nourrissons expriment de la détresse après la naissance d’un nouveau-né, créant ainsi une rivalité fraternelle. colere

La nature même de l’enfant l’oblige à recevoir beaucoup et à donner peu. La formation de son être physique et de sa personnalité morale fait naître en lui des désirs passionnés et, parallèlement, la crainte intense de ne pas recevoir ce dont il a besoin. Aussi est-il très facilement jaloux de toute personne qui le frustre ou risque de le frustrer de ce qu’il considère comme son dû.

Jusqu’à un heureuxcertain point, cette jalousie est normale, mais il faudrait alors lui donner un autre nom.
Elle permet souvent à l’enfant d’obtenir des soins, des attentions, un traitement équitable de la part des grandes personnes.

Pourtant lorsque les circonstances amènent l’enfant à craindre d’être privé de ce qui lui est simplement agréable, lorsque cette crainte provoque chez lui des réactions hostiles, on peut tenir pour probable qu’une erreur d’éducation a été commise.

ANALYSE :

La cause de la jalousie doit être recherchée le plus souvent dans le comportement même des parents ou des éducateurs.

Chez les parents:

Envers les frères et sœurs elle peut naître à propos de remarques maladroites telles que celles-ci : « Ton frère est bien plus sage que toi ! — Ta sœur a obtenu de meilleures notes que toi à l’école ! — Tu devrais avoir honte de ne pas être plus poli que ton petit frère ! — Regarde, je t’ai mis un tablier propre en même temps qu’à Jeanne, et le tien est déjà tout sale ! » Ou encore : « Moi qui avait tant souhaité un garçon, il a fallu que j’aie une fille. — Je t’assure, François, que trois filles me donneraient moins de peine que toi ! »  comparaison

Chez l’assistant maternel: exemple de situations:

– Arthur veut être sur les genoux de son assmat, pendant qu’elle donne le biberon à Julie.

– Zoé veut être portée par son assmat, parce qu’elle vient de prendre Mathis.

– Quentin attire l’attention de son assmat, en agressant Maxime.

-Chez son assmat, Morgane prend systématiquement les jouets,des mains des petits copains.

– Théo, 3 ans , propre, ne demande plus à aller aux toilettes, depuis que Marie, 3 mois, à rejoint l’accueil familial de son assmat.

exemples de remarques maladroites:  » Fait attention!  Élodie, mange plus proprement que toi! — Tu n’arrives pas à mettre ta veste, alors que Charlie y arrive! — Tu prends encore la sucette, comme les bébés! ? — tu pourrais manger toute seule, quand même, Coralie y arrive bien et elle est plus petite que toi! »

Parfois aussi la jalousie naît à propos de différences non justifiées faites entre enfants qui peuvent s’attendre à être traités de la même manière. Il va sans dire qu’on ne peut pas agir envers une fille tout à fait comme envers un garçon, envers l’aîné de la famille comme envers le plus jeune, avec les copains et copines chez son assistante maternelle ou en collectivité. Ces différences doivent être reconnues comme normales et acceptées avec compréhension et bonne humeur d’une part, avec modestie et discrétion d’autre part. Il n’en est pas moins vrai qu’il est parfois difficile de les faire comprendre ; il faut pourtant s’y efforcer sans brusquerie, sans souligner l’infériorité toute naturelle d’ailleurs de l’un par rapport à l’autre, mais en montrant que chaque âge a ses responsabilités et ses privilèges. propos

Que dire aussi de ces circonstances douloureuses dans lesquelles un enfant croit, à tort ou à raison, que ses parents lui préfèrent un petit frère ou une petite sœur ? qu’il faille partager l’environnement, les jouets, et les adultes qui s’occupent de lui ?
La pratique des consultations médico-pédagogiques permet d’affirmer que ce cas se présente fréquemment, même si l’enfant paraît s’entendre très bien avec celui dont il est jaloux.

On remarque aussi, assez souvent, une certaine jalousie du garçon envers son père, de la fillette envers sa mère. Ce sont des enfants qui tolèrent mal les attentions affectueuses que le parent préféré prodigue à l’autre. Sans rien sacrifier de la bonne entente et de l’intimité conjugale, le père et la mère devraient user de tact et de discrétion, faisant comprendre que la famille forme un tout indissoluble et que les enfants en font partie au même titre que les parents.

jalousie-300x221 A l’école, on observe certaines jalousies provenant le plus souvent soit d’un mode de classement défectueux, soit de remarques maladroites du maître. En général, les comparaisons entre enfants sont néfastes. Il vaut mieux user d’un système qui permette à l’enfant de se comparer à lui-même à divers moments de son existence.

 

REMÈDES :

Signaler les causes de la jalousie de l’enfant, c’est mettre en évidence les remèdes. C’est donc sur la suppression des causes qu’il faut porter toute l’attention désirable, et particulièrement sur la manière de remplacer par des circonstances saines celles que l’on est amené à bannir de l’école et du foyer.
Le grand remède de la jalousie, c’est l’amour des parents. coeur
Certes, ils aiment leurs enfants, mais il arrive que ce soit une peut trop pour eux-mêmes. C’est pourquoi cet amour est quelquefois nuancé et ces nuances n’échappent pas aux enfants. Les mieux aimés prennent une attitude satisfaite et triomphante, alors que les autres, moins aimés, nourrissent jusque dans leur subconscient des dispositions tristes, désagréables ou hostiles. La qualité de l’amour des parents doit être telle qu’il soit impossible de discerner dans ses expressions d’autres différences que celles qu’imposent l’âge, le sexe ou l’état de santé des enfants qui peuplent et réjouissent le foyer.
Pour l’aider, respecter ses émotions, le responsabiliser et jouer avec lui.

Chez l’assistant maternel : L’assmat devra être professionnel, ne devra pas parler au dessus de la tête de l’enfant, évitera les comparaisons inutiles et lui réservera des moments privilégiés dans le jeux, dans la communication. Pour que cet enfant, réintègre progressivement le groupe, avec plus de confiance en lui.

jouer

Nos sources (Aimer et Agir, wikipedia, naitre et grandir.com)
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