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Le témoignage d’une retraitée, du métier d’assistante maternelle, Anne Marie

Anne-Marie, assistante maternelle en région tourangelle
jusqu’en 1985, retraitée


Dans les années « 70 », l’accueil d’enfant au domicile a pris le statut de « nourrice agréée »,
principalement des femmes. La plupart accueillait déjà des enfants, de manière plus ou moins
formelle.

Le gouvernement a alors procédé à un cadrage plus strict de ce qui allait devenir
quelques décennies plus tard, la profession d’assistant maternel.
Jusque dans les années « 80 » il suffisait d’un entretien de motivation, et d’un certificat médical
pour obtenir le précieux sésame. Une simple visite chez la candidate et l’affaire était réglée.
Les femmes faisaient ce choix pour compléter le salaire du foyer. Et c’était loin d’être considéré
telle une professionnalisation. Les pratiques n’avaient alors rien de comparable à ce qu’elles sont aujourd’hui. La considération de l’enfant en tant que personne à part entière n’existait pas.

Les crèches collectives n’étaient que des « usines à bébés » dans lesquelles les enfants étaient formatés à devenir de bons petits « soldats » obéissants à des horaires et des contraintes éducatives précises où régnaient ce dont nous nommons en 2015, les douces violences !
Alors les « nourrices » …. !?
Leur statut précaire laissait la part belle à de nombreuses dérives illégales.
Le travail régulier, le contrat de travail mensualisé et la démarche d’un bulletin de salaire n’étaient pas le reflet d’une considération des salariés, y compris pour les personnes employées par la DDASS ( ASE). Chacun trouvait son compte entre parents et « nourrices » : les uns dispensés des charges lourdes à l’époque et les autres ayant l’apport d’argent liquide dans leur budget précaire.
Pour les parents, c’était aussi l’absence de contrainte du respect d’un contrat de travail et la facilité de confier leur enfant de manière aléatoire, au gré de leur besoin du moment.

L’indemnité d’entretien quasi inexistante était fixée selon l’humeur du parent employeur.
Par contre ce dernier avait obligation de remettre un BULLETIN DE SALAIRE et d’ effectuer les
déclarations trimestrielles d’emploi de sa salariée auprès de l URSSAF !
Le parent devait apporter tout le nécessaire à l’enfant. L’espace de celui-ci était réduit très souvent à un parc et quelques jeux basiques dans un coin du salon ( quand ce n’était pas dans un couloir) !!!
Le parent fournissait aussi lit, literie, poussette, bavoirs…. et jouets de l’enfant !
Sans être alarmiste, de telles situations perdurent toujours…..
Au fond, la situation en 2015 a-t-elle réellement évolué en matière de prise en compte de
l’éradication des douces violences et des besoins adaptés individuellement à chaque enfant ?
L’Administration a-t-elle pris conscience du rôle considérable des assistants maternels à travers
les attentes réelles de terrain ? Et ces professionnels que nous sommes sont-ils tous intègres, formés de manière efficace et préparés à toute situation pédagogique, sociale, relationnelle et humaine ?

Voici donc le témoignage d’Anne-Marie de TOURS.

Nous la remercions pour sa gentillesse et la franchise de ses propos. Aujourd’hui à la retraite, elle a exercé le métier d’assistante maternelle jusqu’en 1985.

Elle a donc connu une bonne partie de son évolution. Elle est aussi maman de
quatre enfants dont elle s’est occupés tout en exerçant ses accueils.

Encore un petit mot : Anne-Marie :

« D’abord, permettez-moi de vous féliciter pour votre démarche et votre enthousiasme à
défendre ce métier ! ( NDLR Merci Anne-Marie!)
Il est vrai que ma première démarche en 1971 fut de cotiser pour ma retraite mais aussi
d’avoir la possibilité de m’occuper de mes enfants. J’ai été agréée tout en premier, en tant que
« nourrice agréée de l’ASE ( ex DDASS). J’ai débuté avec l’accueil d’une enfant d’un mois, placée
par cet organisme.
Je n’ai pas eu de difficulté particulière à obtenir cet agrément. Le délai fut rapide et je n’ai
pas le souvenir d’avoir subi une enquête approfondie, pour cette obtention. Je n’ai pas fait de
formation. J’ai eu une petite de deux ans et immédiatement après un petit garçon d’un mois m’a été confié. J’ai gardé ce petit sept années. Aujourd’hui cette fonction est celle d’une assistante familiale.
Après ces deux enfants, j’ai exercé ma prestation directement auprès de parents, en
accueillant quatre enfants jusqu’en 1985. Ensuite j’ai changé de voie, en me dirigeant dans le service à la personne pendant une dizaine d’années avant de prendre ma retraite.

Lors de ma demande initiale, l’entretien avec les services sociaux fut assez rapide, sans
détail intrusif sur ma vie privée et/ou familiale. Aucune restriction, aucune obligation ne m’ont été imposées. Contrairement à ce que je lis ou j’entends du métier en 2015, aucune modification, ni règle de sécurité exigées. La présence de mes animaux n’était pas un problème. Je pouvais me déplacer au supermarché, faire mes courses, gérer mon travail personnel et la vie de ma famille tout en prenant en charge les enfants confiés. A qui je donnais beaucoup d’affection.

Ma pratique quotidienne n’est pas comparable à ce que je constate sur vos différentes activités à ce jour. Et encore moins à la lourdeur de la tâche et des responsabilités qui vous sont attribuées.
J’ai rencontré mes employeurs par le bouche à oreille. Mon « contrat de travail » se limitait à
quelques lignes sur une feuille de papier. Ou transmis de manière orale de gré à gré. Aucune
mensualisation telle qu’elle est pratiquée à présent. Je recevais mon salaire au temps réel de garde passé dans le mois. Un bulletin de salaire m’était remis par chaque parent.
Dans l’ensemble, j’ai eu des relations proches et honnêtes avec mes employeurs. Un seul me
laisse un goût amer, après m’avoir retiré son enfant au retour de vacances, sans la moindre
explication.

J’ai toujours obtenu mes salaires dans les premiers jours du mois. Sans avoir à réclamer mon dû. J’exerçais sur une amplitude hebdomadaire de 50 heures. Du lundi au vendredi soir ( voire vendredi midi pour certains!).

Agréée pour trois enfants, mes accueils étaient complets. Mon salaire moyen total était de 1972 F ( soit 301 euros) et une indemnité compensatrice pour la fourniture des repas de 150 F par enfant ( soit 70 euros pour trois) .
Les parents m’apportaient des aliments de base pour les plus petits ( petits pots, laitages,
lait infantile, céréales) sinon les enfants partageaient le repas familial en contrepartie d’une
compensation financière.
J’avais mon propre matériel de puériculture. Les parents fournissaient couches et produits
d’hygiène.
Le montant de l’indemnité compensatrice pouvait varier car certains parents me
remboursaient selon les frais réels engagés après présentation du ticket de caisse. Mais d autres me remettaient la somme sur la base d’un forfait.


J’accueillais ces enfants comme les miens. Ma pédagogie n’était pas différente. Avec le recul
je pense que c’est une erreur. Je n’ai pas non plus changé mon organisation familiale. L’éveil des enfants n’était pas la priorité à cette époque. Leurs besoins n’étaient pas forcément mis en évidence.
Les enfants étaient laissés – bien que sur surveillance – libres dans leurs jeux. La « nourrice
agréée » ( nommée gardienne jusqu’à la fin des années 70), n’avait pas de réel statut d’éducatrice, ne connaissait pas les apprentissages fondamentaux tels qu’ils sont inculqués et conseillés en 2017 !
Sans formation adaptée, sans suivi des compétences.
Les visites de la PMI étaient rares et de plus informées à l’avance.
J’ai eu la chance d’être accompagnée et conseillée par la PMI de mon secteur pour le cas d’un
enfant confié et malade ( mais en tant que « gardienne » de la DDASS). Par contre j’ignore ce qu’il
en aurait été par rapport à un enfant confié directement par ses parents, car le problème ne s’est jamais posé.
La PMI n’a jamais été intrusive dans ma vie privée. Ne m’a jamais imposé quoi que ce soit
dans ma vie professionnelle. N’a jamais réalisé aucun contrôle en quinze années d’exercice, si ce n’est que des visites à ma demande. Les contrôles ont été quasi inexistants sur la période où j ai été employée par les parents.
Je n’ai fait aucune formation particulière. Par contre, je pouvais me rendre la PMI de mon
secteur avec les enfants et recevoir des conseils sur leur santé et leur prise en charge. A cette
époque, tout enfant pris en charge par une assistante maternelle, devait consulter la PMI et avoir un carnet de santé à jour, être en bonne santé et un suivi médical correct. La protection sanitaire de l’enfant était totalement contrôlée.
Malgré toutes les difficultés, je me suis épanouie dans un métier qui me plaisait. J’ai
beaucoup appris des enfants et j’ai beaucoup partagé. J’obtenais un salaire proche du SMIC ( au
début de mon exercice et avec trois enfants à temps complet). Comme je le précisais plus haut, ce
fut aussi l’occasion de rester auprès de mes quatre enfants. Les parents me faisaient confiance et ne se posaient pas de questions en partant travailler. Ils n’avaient pas d’exigences particulières si ce n’est que celles de prendre soin de leur enfant. Ce qui est tout à fait légitime. 

Bien qu’habitant en ville, je me suis sentie souvent isolée. Les activités destinées aux tout-
petits n’étaient pas la priorité de nos Elus du moment.
Je ne rencontrais pas mes collègues non plus. Et j’avoue que certaines ne me laissaient pas le
choix, à cause de leurs nombreuses dérives.
Je ne proposais pas d’activités extérieures aux petits, peut-être aussi à cause d’un manque de
relation humaine, et de méconnaissance des besoins réels des enfants. La solitude professionnelle était constante, je me référais donc à ma seule expérience de maman. Pour rompre cette solitude je gardais le lien avec une amie proche de mon domicile, nourrice comme moi, et qui me remplaçait pendant mes absences ou mes vacances. Je n’ai jamais entendu parler ni d’association, ni de syndicats professionnels.
Je ne me suis jamais sentie jugée de la part d’autres collègues et je n’ai jamais eu le
sentiment de mépris ou de dénonciation calomnieuse. Le fait de rester isolée, le problème ne se posait pas.
Cependant j’ai eu un cas de conscience tout de même face à une collègue que je savais
maltraitante vis à vis d’un enfant confié par les services de la DDASS. Je n’ai pas jugé urgent
d’intervenir, dans la mesure où la PMI doit garantir les actes des personnes qu’elle emploie et qu’elle est supposée contrôler. Les parents, en tant qu’employeurs directs, ont aussi un rôle à assumer et non seulement attendre une prestation sans aucune vérification ou suivi de leur part.
Beaucoup de « gardiennes » – on ne peut les nommer autrement – s’autorisaient tous les
abus dans l’éducation violente qu’elles apportaient aux petits, à travers un mépris total de la
pédagogie et de l’affectif mais aussi des vœux des parents désarmés par le manque de moyen de garde. Il y avait l’intérêt de la facilité du gain. Je crains fort, que pour certains, la situation n’ait guère changé en 2015… n’est ce pas ?

J’estime à 50 % la moyenne des assistantes maternelles pratiquant avec dévouement, lorsque
j’étais en exercice.
Je ne pense pas qu’une majorité de mes collègues était solidaire à ma démarche de voir
avancer ce métier. Personne n’engageait la conversation sur le sujet. D’une part, il restait tabou de considérer l’enfant telle une personne, et d’autre part le travail au noir sévissait largement. Beaucoup de chacun pour soi, de non-dit et malheureusement de maltraitance.
J’aurais aimé être accompagnée par une formation spécifique.

Car a posteriori, je pense que c’est une erreur de croire qu’on peut prendre en charge les enfants qui nous sont confiés, sur la même base éducative que nous inculquons à nos enfants. Les parents ayant leur propre vœux éducatifs, et leur choix d’identité familiale. Les mentalités évoluent et surtout les modes pédagogiques s’adaptent aux besoins de l’évolution des enfants.
J’aurais apprécié avec enthousiasme la possibilité d’un accès à une formation continue,
pérennisant ainsi mes apprentissages et mes connaissances de l’enfant. Adaptant les nouvelles
techniques et les bases éducatives complexes adaptées au propre de l’enfant. Cela aurait été aussi l’occasion de rompre l’isolement. Si j’avais obtenu un diplôme de par la professionnalisation de ce métier, j’aurais pu évoluer vers d’autres voies du secteur de la petite enfance et intégrer un emploi en structure collective. Ou évoluer vers d’autres formations différentes.

Plus jeune, faire une école d’aide-soignante, avec pour base la valorisation d’un diplôme me permettant d’accéder à la formation. En fait oui, une véritable reconnaissance de mes actes professionnels. Apprendre un autre métier, tout en ayant la valeur des acquis de l’expérience professionnelle et de ceux aussi confirmés par un diplôme d État. Alors puisque vous me le demandez, oui je suis formellement convaincue de l’importance d’un diplôme réservé à la profession d’assistant maternel, garant de passerelle vers d ‘autres professions ou d’autres formations.

Pour en revenir à l’exigence d’un diplôme, tel que vous le proposez. Il est bien évident que la
Législation est incohérente et l’agrément validé par une formation telle qu’elle est effectuée
actuellement n’a aucun sens : l’agrément est accordé alors que l’assistant maternel entre en exercice sans même avoir terminé sa formation , et le « pompon » de l’affaire… sans obligation de résultat positif quant à l’obtention de la partie concernée du CAP Petite Enfance ! Quelle garantie pour les parents ? Quels outils de compétences donne-t-on à l’assistant maternel, alors que ses apprentissages ne sont pas acquis en totalité ?
Je le vois autour de moi, par la démonstration d’incompétences, de laxisme, du manque
d’informations pédagogiques et de connaissances du droit et devoir de la profession ( volontaire ou non)….
Ce qui entraîne procédures administratives ( PMI) et pénales ( Prud’hommes), parfois
totalement abusives et infondées.
Protéger un enfant est acte essentiel, mais protéger l’intervenant dans l’exercice de sa
fonction est aussi légitime. En ayant un contact d’accompagnant et non de surveillance répressive, la PMI assurerait plus ardemment son rôle. Les intrusions abusives de la PMI n’existaient pas lorsque je pratiquais ce métier. Les exigences et les diktats non plus ! Et heureusement car c’est totalement inacceptable ! Comment prétendre imposer un mode de vie, un décor, l’absence des enfants ou du mari, alors que vous pratiquez un accueil « familial » ? J’aurais démissionné !

Certes, je remarque que, depuis que j’ai cessé, la législation a donné plus d’avantages sociaux
aux assistants maternels, mais je ne suis pas certaine qu’ils améliorent votre quotidien et encore moins votre avenir. Vous cotisez sur l’intégralité de votre salaire pour votre retraite, mais ce salaire est bien moindre par rapport à ce qu’il était à mon époque. Beaucoup d’entre vous exerçant à mi-temps et se trouvant avec des places disponibles ! Le Législateur a modifié vos conditions de rémunération en supprimant le forfait de salaire journalier, passant ainsi de 8 à 10h pour 2SMIC à un tarif horaire minimum basé sur 2,25SMIC/8 soit 2,08 e /Hnette ; en régularisant cette histoire de forfait sur lequel 2 heures n’étaient pas rémunérées, la législation n’a fait que rendre justice aux professionnelles… Pas si sûr ….
En 2015, vous n’avez aucune garantie de recevoir votre salaire, et la multiplication des
services administrant vos cotisations sociales, fait que vous êtes victimes de nombreux impayés et d’erreurs d’enregistrement, ayant des conséquences sur vos droits à venir ( retraite, CPAM,
chômage). Les réductions de vos temps de travail font que malgré la pénibilité de votre tâche, vous êtes obligés de pratiquer de longues amplitudes d’accueil. Alors qu’en mon temps, c’était dix heures par jour mais avec trois enfants! Les reproches et la fatigue en moins….
Avez vous une surveillance et un soutien de vos symptômes par un examen médical dans le
cadre de votre exercice professionnel ? Non pas de Médecine du Travail ! Et l’avis du Médecin de PMI n’est absolument pas acceptable puisqu’il risque de prendre parti…de l’enfant et de sa famille, et non de votre propre intérêt !

Pour revenir sur l’agrément … il est attribué pour cinq ans, pour des enfants de 0 à 18 ans et
sur des critères d’âges définis au bon vouloir de votre visiteur social… ! Tous les parents ne prennent pas de congé parental ?Et VOTRE formation contient elle des modules d’apprentissages des connaissances pour accueillir des enfants de plus de six ans ?

Le mode de fonctionnement d’un enfant est bien différent, selon qu’il ait 3 mois, 3 ans, 6 ans
ou…. plus de dix ans !
Vous parlez aussi de syndicat professionnel, mais combien d’assistants maternels sont
syndiqués par rapport à l’ensemble des centaines de milliers de professionnels ?
Cela veut dire qu’une infime partie des assistants maternels est entendue, mais tous les
autres ? Ont-ils été un jour contactés par le Législateur ?
Il est essentiel que la situation s’améliore et vite, par des réformes efficaces. Vos initiatives
sont logiques et vont dans le bon sens pour tous. Vous êtes courageuses et je vous félicite d’avoir eu l’audace d’un tel projet.
Cette profession n’a rien perdu de sa précarité depuis 45 ans. Elle n’a pas non plus évolué
dans le sens où elle permettrait de rassurer les jeunes parents. Le travail au noir est en nette
augmentation. Les gens ne regardent que leur porte-monnaie. Ce qui est en totale contradiction avec ce que prétendent d’autres, quant à la qualité de l’accueil du jeune enfant.
J avais une aisance de travail et des libertés que vous n’avez plus aujourd’hui. Sans pour
autant mettre les enfants en danger. J ‘exerçais dans un esprit de travail au sein d’une unité familial. Le parent était libre de ses choix de soin : le comble quand les produits sont en vente libre et qu’il faut exiger à présent, un certificat médical pour les utiliser. Faut il laisser un enfant souffrir d’un mal de dent, ou passer la journée avec de la fièvre ? Pour moi cela se nomme de la maltraitance ! Tout comme une visite impromptue d’une assistante sociale qui vient troubler le sommeil des enfants en pleine après-midi ! Ou bien cette autre puéricultrice, en entretien chez une assistante maternelle, et qui donne ordre à celle-ci de « punir » l’enfant de 15 mois qui pleure, apeuré par la visite d’une inconnue dans la maison.
Vous avez des avantages ? Quels avantages ? En exercice, les parents me fournissaient tout
le matériel dont j’avais besoin pour leur enfant ! Aujourd’hui c’est vous qui avez obligation de
disposer de lit, literies, bavoirs, parc, chaises hautes, poussettes, et tout le nécessaire à l’éveil, au confort et à la sécurité de l’enfant…. pour 3 euros par jour ?…. comprenant également l’entretien du lieu de vie ? Non mais oh ! Celui qui a voté cette somme ne doit pas faire les courses tous les jours !
Il a toutefois précisé qu’il s’agit d’un « minimum » ! Or, combien de parents acceptent de payer au-dessus de ce minimum ?
Outre le fait de recevoir une parfaite reconnaissance de vos compétences, vous êtes en
mesure légitime d’exiger en contre-partie, la refonte totale de la CCN et de vos statuts
professionnels qui ont été signés dans la précipitation en 2004 sans aucune concertation des besoins réels de terrain et des intéressés. Le XXIeme siècle a vu ces besoins se modifier. Que les assistants maternels intègrent dans leur pratique le fait d’obtenir un diplôme et de suivre une formation continue, je suis d’accord, mais ce n’est pas à eux de subir les restrictions budgétaires, l’absence de salaire, la précarité, les insultes et les humiliations. Tout comme il est essentiel de faire un grand ménage dans les pratiques de certains d’entre eux, qui ne font pas honneur à la profession.
J’avoue être bien heureuse de me trouver à la retraite ! Malgré tous les beaux moments vécus
dans la profession. Je pense que la majeure partie de mes anciennes collègues serait d’un avis
identique. Avec le recul, je ne m’engagerais pas dans cette profession,qui, au vu des conditions
actuelles de ses pratiques et du suivi des PMI, manque de reconnaissance sur bien des points.

On protège l’enfant, mais on oublie la femme/l’homme et la mère/le père que vous êtes !
Mon bilan est plutôt négatif quant à l’avenir si rien ne change. Je vous souhaite un avenir
meilleur, engagé sur de bonnes bases, tant sur la formation que sur l’exercice de la profession.
Je soutiens bien évidemment votre démarche et c’est avec plaisir que je lirai vos articles.
Cathy, votre porte-parole, m’indique qu’un chiffre impressionnant de 60 % remet en cause
les pratiques litigieuses dans la profession. J’ai cessé mon activité depuis trop longtemps pour en juger vraiment, mais avec ce que je constate et j’entends chaque jour autour de moi, je pense que vous n’êtes pas loin de ce pourcentage d’appréciation. Il suffit d’observer toutes les galères rencontrées par les parents de jeunes enfants, proches de moi. LA nounou sérieuse et engagée dans la profession est loin d’être une généralité de ce métier. Malheureusement pour votre image !
Au nom du CAMAM, nous vous remercions Anne-Marie, pour avoir apporter votre long
témoignage avec autant de disponibilité et de sincérité.

Nous vous souhaitons une retraite longue et apaisée.

C’est moi qui vous remercie, et surtout je vous demande d’aller jusqu’au bout de vos
convictions. Bon courage à tous !
Anne-Marie
( ancienne « nourrice agréée »)

Le CAMAM ne censure pas,  transmet la parole, informe sans jugement!

-non libre de droit-

Notre Mary Poppins a fait, un petit tour en Alsace

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Nous retrouvons Peggy, 37 ans, à Steinbach (Alsace)stein2

1/ Comment et pourquoi être devenue assistant maternel ?

Enceinte de ma première fille j’avais déjà passé la réunion d’informations, j’ai attendu d’avoir accouché et finir les travaux de notre maison en cours de construction. N’ayant personne pour garder ma fille et ensuite sa sœur, j’ai été sollicité par une maman de l’école qui cherchait pour ses enfants et voilà

2/ Est il difficile de concilier sa vie privé et sa vie professionnelle ?

Oui et non, je dirais qu’il faut être organisé. Mais il est vrai qu’on est là sans être là pour nos enfants.

3/ Comment est organisé ta journée type ? peggy 1

Ma journée n’est pas bien compliquée, les enfants arrivent à 8h00 et 8h30, jeux libre, puis sieste pour le petit et brico pour la plus grande. Sorties ou Ram quand on en ressent l’envie.

4/ Penses tu que ce métier a de l’avenir, et pourquoi ?

Pour moi non, j’ai décidé de prendre un autre chemin en entamant une licence de psycho, maintenant que mes filles sont grandes je ressens le besoin de faire autre chose. Actuellement j’ai des PE super et les enfants aussi, mais le manque de reconnaissance de mon travail même si ce n’est pas flagrant me pèse quand même. Ce n’est pas mon premier métier j’ai une formation en comptabilité et j’ai quand même l’impression que c’est encore un sous métier pour certains et inutile d’essayer de leur expliquer le contraire… No comment

5/ Penses tu qu’il faille revoir la formation des assmats ? si oui, comment ?

Oui je pense vraiment que c’est une nécessité.

En proposant un diplôme ou n’importe qui ne pourrait pas avoir accès comme hélas c’est le cas aujourd’hui pour les agréments.

6/ Quelles difficultés rencontres tu ? ( pmi, relations parents, relations collègues…..)

Aucune avec la pmi très bon rapport. Parents idem, et collègues sans soucis aussi. Par contre le Ram qui filtre les demandes et donnent des informations erronées.

7/ Qu’est ce qui fait que ta façon d’accueillir te démarque des autres ?peggy 2

J’ai une grande maison et une pièce jeux pour les enfants, la maison est fonctionnelle pour notre famille mais aussi pour l’accueil des enfants. Je prépare tous les repas avec des produits frais. Je suis très ouverte mais ferme aussi pour ne pas me faire imposer des choses qui sont inadaptés aux enfants.

8/ Nous pensons que les assmats sont FORMIDABLES, en quoi l’es tu ?

Je suis formidable bien sûr, parce qu’en plus de mon travail avec les petits je gère tout le secrétariat et la comptabilité de l’entreprise de mon mari, j’ai ma propre entreprise de vente de produits ménagers et je suis tête de liste au conseil d’administration au collège de mes filles, planning bien rempli donc mais tout est question d’organisation !neige

Toute l’équipe du Camam, remercie Peggy, de nous avoir fait partager son expérience d’assistante maternelle

le CAMAM ne censure pas ,  transmet la parole, informe sans jugement!

-non libre de droits-

Débutons l’Année avec les chroniques de notre Mary Poppins

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Notre Mary Poppins, est allée à la rencontre de Céline….

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Céline alias nounouchoux  40 ans Troyes

1/ Comment et pourquoi être devenue assistant maternelle ?

J’ai réfléchi pendant que je m’occupais de mes enfants (congés parental) soit pendant 10 ans de ma vie et quand ma dernière a été en Age d’aller à l’école j’ai demandé mon agrément. J’ai commencé par un puis les agréments se sont vite enchaînés.

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2/ Est-il difficile de concilier sa vie privée et sa vie professionnelle ?

Pour ma part non car je pose bien les limites au départ. Je suis toujours dans l’expression et l’honnêteté, donc si quelque chose ne va pas, je le dis. Et puis ma famille et mes enfants sont partie prenante de mon métier donc pas de soucis

3/ Comment est organisation ta journée type ? (Ram, associa ? sorties)

Je fais un planning mensuel fourni au parent en début de mois avec des activités tous les matins, tout le jeudi RAM, un lundi sur 2 maison des petits pas, un lieu d’échange avec les parents les nounous et les enfants.  Il y a aussi la médiathèque, quand il y a des séances contes et des animations comme les expositions ou spectacle pour le mois du tout petits. En l’occurrence,  cette année nous sommes mis à l’honneur car la médiathèque expose toute nos créations depuis l’année 2009 : tapis à histoires, marionnettes, kamishibai, jouets en tissus etc…. J’ai vraiment hâte de voir ce que cela va donner.6

4/ Penses-tu que ce métier a de l’avenir, et pourquoi ?

Pour moi il a de l’avenir on aura tjrs besoin de nounou et d’un accueil plus personnalisé qu’en crèche. Les mœurs changent et l’assistante maternelle est de plus en plus professionnelle et elle peut se former par elle-même (comme moi qui suis toujours l’affût).

5/ Penses-tu qu’il faille revoir la formation des assmat ? Si oui, comment ?

Pour moi elle est trop succincte, par exemple, pour le secourisme, cela ne devrait pas être qu’une initiation, on devrait nous proposer plus de formation obligatoire aussi.

Dommage car maintenant on ne plus pu accéder à des formations avec le CPF comme on pouvait le faire avec le DIF.

Je vous donne un exemple? je souhaite faire la formation Maria Montessori et j’attendais d’avoir le nombre d’heure requis mais manque de chance avec le CPF plus de partenariat avec l’organisme que je voulais solliciter donc obliger de faire d’autre démarche j’attends une réponse.

Aujourd’hui,  après de multiples recherches, j’ai réussie à faire ma formation Maria Montessori avec mon plan de formation de 48 h j’ai donc eu 12 heures à ma charge. mais je suis contente car je suis maintenant certifiée Maria Montessori

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6/ Quelles difficultés rencontres tu ? (Pmi, relations parents, relations collègues…)

Je n’ai pas de difficultés particulières car je m’adapte. J’ai une puéricultrice au top, à l’écoute, disponible. Une animatrice de RAM géniale qui nous prépare toujours de belle animation, des soirées à thème (psy etc.) et des ateliers créatifs, ainsi que la journée nationale et le repas de fin d’années entre collègues.

Des collègues avec qui je m’entends bien pour la plupart (pour celle qui serais pas intéresser par notre partenariat je les laisse de côté et je ne prends pas la tête), j’ai même un binôme , nous sommes complémentaire.

On s’organise des animations chacune notre tour à notre domicile et l’on se voie en dehors au RAM et maison des petits pas.

Avec les parents j’ai un méga feeling, bon contact et une belle reconnaissance sur 29 enfants accueillie seulement 2/3 zone d’ombre mais bon je ne me formalise pas car tout dépend de la nature des gens. De plus je suis toujours dans la communication donc sa passe plutôt bien.7

7/ Qu’est ce qui fait que ta façon d’accueillir te démarque des autres ?

J’accueille les parents et enfants avec mon cœur donc avec le feeling et l’amour de mon prochain et surtout des bébés et enfants !!!!

Je propose, beaucoup d’activités manuelles et sorties ainsi qu’un cahier de vie agrémenter d’un cd avec les photos et un montage vidéo avec celle-ci.2

 

 

 

8/ Nous pensons que les assmats sont FORMIDABLES, en quoi l’es tu ?

 

Je ne me cataloguerais pas de formidable car j’aime rester modeste !!!!! Même si je fais beaucoup de choses (couture tricot, activités manuelle) s’est parce que j’ai su garder mon âme et mon cœur d’enfant.

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Alors je rajouterais que j’ai le meilleur métier au monde et que je n’en changerais pour rien au monde.

Mon plus grand bonheur, sont  les moments passés avec les enfants mais aussi les rappels au souvenir quand les enfants accueillies reviennent après des années.

J’ai une petite puce qui a presque 9 ans et qui m’appelle toujours « MA NOUNOU » j’adore.

Mais aussi des parents, qui attendent pour mettre le deuxième bébé en route, afin qu’il y ait de la place pour que je puisse l’accueillir.8

La seule chose que je regrette c’est que « certaines personnes » s’imagine que le métier d’assistante maternelle est facile et qu’on le fait pour être à la maison et ne rien faire.

Alors là je bondis, car pour moi c’est un vrai métier et l’on ne devient pas assistante maternelle comme ça.

Il faut penser à un projet pédagogique, préparer l’accueil des familles et leurs enfants.

Proposer pleins de choses aux enfants. C’est une organisation et une responsabilité d’accueillir des enfants qui ne sont pas les siens.

DONC NON être assistante maternelle ce n’est pas rester chez soi à rien faire et s’est un MÉTIER FORMIDABLE. Et je rajouterai, que nous sommes des professionnelles de la petite enfance !!!!!!!3

Nous remercions Céline de nous avoir fait partager sa vue sur son métier, son témoignage.

-le CAMAM ne censure pas ,  transmet la parole, informe sans jugement!-

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Et nos collègues hommes qu’ont ils à raconter?… Écoutons Jérome …

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Notre  SUPERcalifragilisticexpialidocious à rencontré Jérome Assistant Maternel

Présentation :

Jean Jérôme Audinet, 41 ans, Marié avec Aurore depuis 16 ans, 2 enfants Léa 16 ans et Louis 11 ans, Mont de Marsan.

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1/ Comment et pourquoi être devenue assistant maternel ? motivation, cursus …?

Mon parcours est atypique.

Après le baccalauréat je me suis dirigé vers l’aéronautique en suivant une formation de contrôleur aérien dans la fonction militaire (profession pendant 10 ans).

J’ai ensuite suivi une formation de transport dans les métiers du taxi (profession pendant 5 ans).

Je transportais des enfants en difficulté sociale ou psychologique vers des centres d’accueil adaptés ou hôpitaux de jour.

Tout au long de cette activité professionnelle j’ai pu constater à quel point le lien entre les parents et leur(s) enfant(s) est source d’émotions, et que confier son enfant n’est donc pas chose si facile surtout lorsqu’il s’agit d’un bébé.

J’ai alors éprouvé le besoin de mettre mon vécu au service d’autres familles. Fort de cette expérience et combiné au fait que mon épouse était elle aussi Assistante Maternelle, c’est tout naturellement que j’ai eu envie de me former aux métiers de la petite enfance.

J’ai discuté de ce projet avec ma famille qui a approuvé mon choix, j’ai donc pris la décision d’exercer le métier d’Assistant Maternel.

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2/ Etre un homme, a t’il aidé ou handicapé, ton entrée dans cette profession?

Je n’ai jamais ressenti d’inconvénient.

Un point important, lorsque des parents sont à la recherche d’un mode de garde pour leur enfant, il leur est logiquement possible de visiter plusieurs assistantes (voire assistant) maternelles agréées. Ils font leur choix. Donc ceux qui peuvent exprimer un à priori sur le fait qu’un homme puisse accueillir leur enfant, ne prendront pas la peine de rencontrer un homme assistant maternel. Ces parents là ont leurs raisons et ça se respecte.

D’un point de vue aptitude je suis persuadé qu’il n’y a aucune barrière pour un homme à exercer ce métier. En revanche d’un côté vision de la société, il ne m’est pas rare de ressentir la surprise et l’interrogation chez quelqu’un qui découvre ma profession. Mais je ne le vis pas comme un inconvénient. Bien au contraire, j’utilise cet étonnement comme un avantage. Être un homme finalement m’a souvent permis de lancer la discussion et sans doute susciter la curiosité.

3/ Penses tu que les PE sont en recherche « d’homme » dans ce métier et pourquoi?  Quelles sont  leurs réactions au premiers contact (téléphonique, rencontre, …)?

Je ne pense pas que les parents soient à la recherche d’un homme à proprement dire, ils n’y ont peut-être même pas pensé. En revanche je suis convaincu qu’ils sont à la recherche de quelqu’un qui présentera à la fois de bonnes compétences professionnelles mais aussi qui dégage un quelque chose de supplémentaire, une différence, une originalité…et être un homme peut amener cette différence  et orienter leur choix.

Passé l’étonnement et à partir du moment où les parents ont décidé de prendre un premier contact et rencontrer un homme pour la garde de leur enfant, il subsiste bien sûr des interrogations. Alors peut-être qu’en première réaction il y a  la curiosité, l’envie de rencontre est peut-être du coup précipitée, mais très rapidement les attentes des parents amènent les premières questions.

Mon intérêt est alors d’y répondre en tant que professionnel, me conduisant ainsi à faire valoir avant tout le côté professionnel de l’accueil d’un enfant, à mon sens totalement identique que l’on soit un homme ou une femme.

jerome4Parcours motricité façon « nounou »

4/ Penses tu que la gente féminine de ce métier, accueille bien le fait qu’il y est des Hommes assmat? Pourquoi?

Oui sans aucun doute ! Du fait de son côté peu courant justement. Ensuite c’est plutôt agréable d’évoluer dans une profession sans disparité homme femme, nous sommes de vrais professionnels à formations et à compétences égales.

jerome-7Jardinage et Mr Persil

5/ Est il difficile de concilier sa vie privé et sa vie professionnelle ?

Pour ce qui est de la gestion de l’espace de notre domicile, une partie toute entière de la maison est réservée à l’accueil des enfants. Ils disposent uniquement pour eux d’une salle de jeu, d’un coin change, d’une chambre et d’une aire de jeu extérieure clôturée.

Tout est communicant par la salle de jeu, pièce centrale de cet ensemble, les arrivées et départs se font directement dans la salle de jeu également indépendamment donc de l’entrée de notre maison.

Seule la cuisine sert de lien entre la partie accueil et le reste de la maison. Pour ce sujet il n’y a donc aucun problème de conciliation entre vie privée et professionnelle. Nous l’avions étudié dans ce sens, à la fois pour nous et nos enfants bien sûr, mais aussi parce que je souhaitais dès le départ qu’un espace soit dédié aux enfants que j’accueille.

En effet j’avais à cœur qu’ils puissent s’approprier totalement le lieu de leur accueil, qu’ils s’y sentent bien. Plus simple à sécuriser et plus approprié pour respecter le principe de repère et les habitudes de rangement également. L’accès maison n’est pas pour autant interdit, quotidiennement nous sommes tous en contact, parents et enfants accueillis, nos enfants, mon épouse aussi puisque tout comme moi mais dans une autre branche maintenant, elle exerce sa profession dans notre domicile.

Les journées sont finalement riches en échanges et cela se passe de manière volontaire, non systématique et non imposée.

Pour ce qui est de la gestion du temps, effectivement c’est une profession avec de fortes amplitudes horaires qui, comme pour toutes et tous les assmats, grignotent sur les loisirs et les moments de vie privée. En plus et j’y reviendrai un peu plus loin, souvent les week-ends j’anime des ateliers de massage pour bébé.

jerome-9Noah mon poupon de démonstration pour l’atelier massage

6/ Comment est organisé ta journée type ? (ram, asso, sorties)

Justement, contrairement à mes débuts, sauf bien sûr pour les événements et les sorties, je ne prévois rien à l’avance. Tout se décide le jour même en fonction de critères comme les envies ou l’humeur de chacun par exemple, de prendre amplement le temps pour chaque chose également.

Chaque jour est différent et nous aussi par la même occasion. Je prends vraiment plaisir à avancer avec les différences de chaque bébé et surtout je veille à bien préserver et faire progresser l’individualité de chacun au sein d’un groupe mais aussi en fonction des âges, des émotions, des capacités ou encore des vœux éducatifs des parents. Un vrai défi quotidien!!! C’est très motivant.

Sinon bien entendu des sorties sont programmées, Ram, Parc ou autres…

Souvent je favorise le jeu libre et la motricité libre, j’observe, j’accompagne, je rassure par ma proximité en cas de besoin. J’essaye d’étudier le plus possible le comportement et l’évolution de chacun afin de savoir comment éveiller et faire progresser l’individualité de chacun au sein du groupe d’une part et rendre propice le apprendre à faire tout seul d’autre part.

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Peinture collage

7/ Penses tu que ce métier a de l’Avenir, aussi bien pour les hommes que pour les femmes et pourquoi ?

Personnellement oui. A partir du moment où un homme ou une femme désire s’engager et s’épanouir dans ce métier tout devient possible. La mixité et l’égalité professionnelle dans le secteur de la petite enfance permettent de lutter contre les préjugés et les systématismes (beaucoup de noms d’association, d’articles, etc. faisant référence à cette profession parlent d’assistantes maternelles). Le sujet avance tout doucement, du temps, des témoignages et des exemples seront nécessaires.

Les enfants eux, n’ont pas de préjugés. Aucune importance que l’on soit un homme ou femme. Les enfants fonctionnent au ressenti et savent tisser des liens d’affection très solides avec toute personne qui prend soin d’eux. Je m’en aperçois tous les jours avec les enfants que j’accueille. C’est aussi un sujet qui m’est cher et que je développe souvent en ateliers massage pour bébé, toute personne qui prend soin d’un bébé est perçue comme une figure d’attachement. Ce lien est extrêmement fort, constructif et vraiment nourrissant pour l’enfant.

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Activité Halloween

8/ Penses tu qu’il faille revoir la formation des assmats ? si oui, comment ?

Revoir la formation des assmats je ne sais pas, beaucoup d’informations m’ont été utiles à mes débuts. En revanche, je serai pour une formation continue tout au long de notre activité. Beaucoup de sujets progressent et se comporter en professionnels c’est aussi se remettre souvent en question, faire l’effort de se tenir à jour et ne surtout pas vivre sur des acquis. Heureusement il existe de nombreux sites d’informations, des magazines, des livres et revues, ou encore des associations pour s’informer et progresser, mais ça reste une démarche volontaire.

Ensuite, et c’est en parfait accord avec l’une de mes dernières lectures, de manière humble, il faut reconnaître que nous aussi adultes nous avons nos moments de fatigue ou des moments de moins bonne écoute.

C’est une profession qui nous demande beaucoup d’attention, de calme, de patience. Alors il serait peut-être bien d’être plus formés à la relation. Parce qu’avoir une attitude bienveillante permet de développer les compétences relationnelles et émotionnelles de l’enfant. Agir pour le bien être de l’enfant nécessite de l’engagement et des connaissances.

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9/ Rencontres tu des difficultés ? ( pmi, relations parents, relations collègues…..)

Pas de difficulté. Par contre je profite de ce paragraphe pour évoquer très rapidement une tendance de société qui me rend soucieux.

Les attentes grandissantes concernant les enfants et parallèlement la pression vécue par les parents en termes de réussite d’éducation. Je ne parle pas forcément des enfants que j’accueille, j’ai beaucoup de chance, j’échange très facilement avec les parents, ils sont tous sensibles et à l’écoute de leur enfant.

Je parle plutôt de la société en général, qui pousse à la compétition, à la précipitation. Certains parents deviennent inquiets si leur enfant n’a pas encore de dents comme le petit cousin ou bien encore parce qu’à 12 mois à peine dépassé il ne marche toujours pas. Face à la différence de chaque individu j’ai peur que l’on manque de tolérance et de patience aussi.

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10/ Que t’apporte ce métier?

C’est une immense récompense de voir les bébés s’éveiller et grandir de leurs premiers mois jusqu’à la scolarisation. Parents et enfants sont alors reconnaissants de chaque jour passé et de l’attention que j’ai pu leurs apporter. Les enfants d’aujourd’hui seront les adultes de demain, alors accompagner les parents, être à l’écoute et respecter leurs enfants est ma façon de contribuer à la société future. C’est une satisfaction de chaque instant. Cela me pousse à améliorer mon professionnalisme, à me former afin d’accompagner au mieux parents et enfants.

11/Si c’était à refaire … que ferais tu ?

Je ferais ce métier plus tôt.

12/ Nous pensons que les assmats sont FORMIDABLES, en quoi l’es tu ?

Je suis formidable car j’ai été formé aux massages pour bébé par L’Association Française en Massage pour Bébé. Je peux aujourd’hui instruire aux parents les gestes qui pourront apporter le bien-être, la relaxation ou peut-être le soulagement à leur bébé.

J’avais envie de soutenir, valoriser, accompagner les parents vers une autre forme de communication. Avec évidence le massage pour bébé permet de promouvoir la communication non verbale pour une relation parent-bébé sécurisante. Afin que chaque bébé soit aimé, valorisé et respecté.

J’ai créé une association afin de mettre ce savoir au service des familles. Ce sont de formidables moments d’écoute, de partage, et d’échange.

Je termine avec une petite citation et quelques photos…

A bientôt

Jean Jérôme

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« Les enfants sont notre seconde chance de vivre

une superbe relation parent-enfant…

Nous remercions vivement Jérôme d’avoir accepté cet interview, de nous avoir fait confiance. 

-non libre de droits-

le CAMAM ne censure pas ,  transmet la parole, informe, sans jugement!

A la rencontre de Fanny dans le 83

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Notre SUPERcalifragilisticexpialidocious  a  rencontré Fanny et nous fait par de son témoignage…

Je me présente Fany  VINCENT, 45 ans. Je vis depuis peu sur Le Luc en Provence (Var). J’y suis depuis 6 mois, mais je n’ai pas encore repris. J’ai ré obtenu mes agréments, mais n’accueille pas d’enfants.téléchargement

1/ Comment et pourquoi être devenue assistant maternel ?

 

J’ai décidé de devenir Assistante Maternelle à la suite de mon congé parental après la naissance de mes 2 premiers enfants. Je m’occupais déjà d’enfants jusque-là, mais  au domicile des parents. Il m’a paru ridicule, une fois devenue maman, de faire garder mes enfants pour pouvoir m’occuper de ceux des autres.

2/ Est il difficile de concilier sa vie privé et sa vie professionnelle ?

Il est toujours extrêmement  difficile de concilier sa vie privée et sa vie professionnelle, mais contrairement aux idées reçues, l’exercice est plus compliqué encore en tant qu’Assistante Maternelle.  IMG_4721Protéger sa vie privée et l’intimité de toute sa famille relève parfois du fantasme. Les 2 sont si intimement imbriquées. Et puis on est maman ET Assistante Maternelle 24/24. L’un ne va plus sans l’autre dans 80 % du temps. Même quand on ne travaille pas, il faut penser Ass. Mat.  (courses, cuisine, ménage, sécurité etc.).

3/ Comment est organisé ta journée type ? (ram, assoc ? sorties)?

Pour aller au plus court, je dirais que nous sortions beaucoup. Très souvent. Dès que le temps et les enfants le permettaient (pas de malades, de grosse fatigue …). D’abord une courte sieste pour les plus petits pendant que  j’admirais les grands vaquer à leurs jeux favoris. Je m’effaçais le plus possible alors.  Aux environs de 9h-9h30, nous sortions. Et tout était possible. Nous fréquentions 2 Associations (dont une que j’avais créé en tant que secrétaire avec des collègues), la ludothèque, la médiathèque avec  ses contes, le petit parc de jeux.

Ces sorties étaient régulières et créaient un petit rituel. Mais il nous arrivait aussi, aux beaux-jours, en fonction du nombre et de l’âge des présents chez Fany tel ou tel jour d’organiser une sortie à une ferme pédagogique, ou prendre le téléphérique, visiter le zoo,  de grimper dans le petit train pour visiter la ville,  profiter de la plage tant qu’il ne faisait pas trop chaud et qu’il n’y avait pas trop de monde.  Parfois, même, on planifiait un pique-nique et on rentrait pour la sieste.IMG_4705

4/ Penses tu que ce métier a de l’avenir, et pourquoi ?

Tel qu’il est aujourd’hui, je pense que notre métier n’est pas viable. On ne peut respecter, considérer la très petite enfance au quotidien sans y être préparé(e). Telle une vocation, il est très prenant et cela ne doit pas changer. Mais de la même façon qu’un pompier, une infirmière ou une assistante sociale il est important que notre formation soit adaptée, continue,  et obligatoire. Il est  vital que chacun, parents, PMI, pédiatres,  la famille parfois, mais aussi celles et ceux qui veulent exercer ce métier en soient convaincus.  Pourtant,  il faut conserver  le côté familial. Rien à redire des MAM si celles ou ceux qui y travaillent en ont fait le choix, mais personnellement, j’ai toujours ADORE le principe de l’accueil familial (même si c’est très compliqué à organiser).

5/ Penses tu qu’il faille revoir la formation des assmats ? si oui, comment ?

Il faut revoir notre formation. Le CAP Petite Enfance n’est absolument pas adapté à notre accueil familial. Nous gérons tout. Du contrat, en passant par l’accueil, l’éveil, l’hygiène, «  l’intendance «, les conseils, le réconfort, l’écoute etc. Il nous faut être préparé(e)s  et soutenu(e)s !! pour ça. Il nous faut une formation diplômante totalement adaptée à notre métier si riche, mais qui peut être kafkaien aussi parfois.

6/ Quelles difficultés rencontres tu ? ( pmi, relations parents, relations collègues…..)

Comme dans tout métier, il y a régulièrement quelques « réglages » à effectuer.  Mais mon Amour tellement puissant pour ce métier a toujours eu raison de tous les tracas grâce au temps, à la patience et à la diplomatie.
Les seuls vrais grands moments de solitude, de très grand stress ont pour moi été vécus avec  la PMI au cours de ces 3 dernières années. JAMAIS de ma vie, je ne me suis sentie aussi déconsidérée, infantilisée et même parfois harcelée. Pour autant, m’entendre dire que je suis « une excellente assistante maternelle, à l’écoute des enfants et des parents. Très dynamique et responsable !!!!!! ». J’ai commencé par me syndiquer, mais aujourd’hui je tente une autre voie. Pourtant,  je veux toujours soutenir  et défendre l’avenir de ce merveilleux métier !IMG_4637

7/ Qu’est ce qui fait que ta façon d’accueillir te démarque des autres?

Je pense me démarquer de la plupart de mes collègues par la qualité de mon accueil adapté à chacun. Je n’économise pas mon temps pour écouter, réfléchir, proposer des solutions. Chaque enfant, chaque parent, chaque famille sont différents et le respect de cette différence est vital à mon sens. C’est toute la richesse de l’accueil chez une Assistante Maternelle  qui implique un accueil familial !!!!  Même si c’est très compliqué ! 😉

8/ Nous pensons que les assmats sont FORMIDABLES, en quoi l’es tu ?

Je suis formidable parce que je suis une maman qui a toujours de l’amour à donner. A ses enfants, oui. A sa famille toute entière. A ses amis également. Mais aussi à d’autres enfants,  à leurs parents  et parfois même à leur famille,   qui  ont besoin, un temps,  d’une assistance parentale.

Nous remercions Fanny de nous avoir communiquer une partie de sa vie d’assmat !

-non libre de droit- le CAMAM ne censure pas ,  transmet la parole, informe sans jugement!

Notre Mary Poppins est allée à la rencontre d’Isabelle… en Règion Parisienne…

 

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Je m’appelle Isabelle, j’ai 55 ans et j’habite la Région Parisienne, à Boissy St Léger , dans un grand appartement de 5 pièces.9 ISAB

1/ Comment et pourquoi être devenue assistante maternelle ?

Je suis devenue assistante maternelle quand j’ai eu ma deuxième fille. J’avais tellement de mal à les faire garder que j’ai trouvé cette solution, garder mes enfants moi même tout en gagnant assez pour ne pas retravailler à l’extérieur.

10 ISAB

2/ Est il difficile de concilier sa vie privé et sa vie professionnelle ?

Au début j’avoue que ce ne fut pas simple parce que mes filles étaient très jeunes et avaient besoin de moi. Pour elles aussi ça a été difficile de partager leur maman. Ensuite j’ai eu deux autres enfants, ils ont grandi et il a fallut expliquer que je faisais un véritable travail, que je ne faisais pas que «rester à la maison»! Petit à petit ils l’ont compris, petit à petit ce fut de moins en moins difficile.5ISAB

Et puis il y a la vie privé, celle qui ne «regarde pas» nos employeurs, nos rendez vous, nos sorties, nos engagements qui sont en dehors des temps de travail et que ces temps de travail ne sont pas respectés par les employeurs, parfois oui c’est difficile de tout concilier.

3/ Comment est organisé ta journée type ?

3 ISAB

Le mardi c’est jour de relais, les enfants arrivent les uns derrière les autres, la première à 7h, le second à 8h45 et le dernier à 10h.

Les deux premiers sont encore petits et font la sieste jusqu’à 9h30/9h45.

Quand tout le monde est là on part pour le relais. Nous y restons en moyenne 1h15.

 

6 ISAB

Au retour on se lave les mains et on ne tarde pas à passer à table, le plus «affamé» mange en premier, ensuite c’est bébé 2 et pour finir je mange avec le plus grand, un moment qu’il apprécie particulièrement.

(R.A.M)

Après les repas, c’est toilette/changes et jeux calmes ou lecture avant la sieste.

4 isabAprès la sieste commence les départs , les goûters, les jeux libres.

 

Quand il ne s’agit pas du mardi et si le temps le permet nous allons marcher, faire un e longue promenade ou on va au parc, si le temps ne le permet pas nous faisons des activités manuelles en relation avec la saison ou les fêtes à fêter dans le mois.

4/ Penses tu que ce métier a de l’avenir, et pourquoi ?

Oui je pense sincèrement que ce métier a de l’avenir, peut être pas sous la forme que nous connaissons actuellement. Tant que les parents employeurs auront besoin de faire garder leurs enfants avec des horaires atypiques, tant qu’ils souhaiteront ce mode de garde alors nous auront un avenir.8 ISAB

5/ Penses tu qu’il faille revoir la formation des assmats ? si oui, comment ?

Ma formation remonte à 20 ans, je ne sais pas comment se passe les formations de nos jours. Je me souviens parfaitement la façon que c’est passé la mienne et que j’avais adoré cela! J’ai toujours regretté qu’il n’y ai pas eu de suivi. Je pense qu’on n’a jamais fini d’apprendre et qu’il est important de se tenir au courant de tout ce qui change.

Pourquoi ne pas faire une formation en continue de quelques heures par an avec des sujets aussi variés que la nourriture, la propreté, le sommeil, l’accueil, la jalousie, le juridique etc …

1 INTERVIEW ISABELLE

6/ Quelles difficultés rencontres tu ?

Cela fait 30 ans que je fais ce métier, je n’ai pas rencontré de difficulté que je n’ai su arrangé moi même. Jamais de conflit avec la PMI ou avec mes collègues. Avec un ou deux parent employeur mais c’est vite rentré dans l’ordre.

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7/ Qu’est ce qui fait que ta façon d’accueillir te démarque des autres?

Au premier entretien je précise aux futurs employeurs que je travaille avec la CCN. Que pour eux comme pour moi c’est ce qu’il y a de mieux.

Je leur précise aussi que je dis tout ce qui s’est passé dans la journée, que leur enfants aient fait de bêtises ou qu’ils se soient bien comporté.

Pour l’accueil chaque matin , ainsi que chaque soir , je trouve qu’il est très importants de prendre 5 mn pour raconter la nuit/la journée

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8/ Nous pensons que les assmats sont FORMIDABLES, en quoi l’es tu ?

Je suis formidable parce que j’ai beaucoup d’humour

Je suis formidable parce que je ris au moins une fois par jour

Je suis formidable parce que je fais des bonbons/chocolats/guimauves maison

Je suis formidable parce que je fais plein plein de photos

Je suis formidable parce que je suis moi

Je suis formidable parce que …;-)

Merci Isabelle de nous avoir fait partager un petit bout de ta vie d’assistante maternelle, en toute sincérité, belle continuation.

Mary Poppins SUPERcalifragilisticexpialidocious

 

-Non libre de droit-

Florence nous confie… accueillir un enfant atteint de cécité

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Notre Mary Poppins nous adresse un témoignage de Florence Assistante Maternelle Agréée depuis ….  dans la région parisienne

FLO CAMAM« Florence nous découvre un peu d’elle dans ce portrait »

L’accueil d’un enfant différent

Connaissant mon expérience pour l’accueil d’un enfant différent, la responsable du RAM et celle de la halte garderie m’ont demandée si je me sentais capable de prendre en charge : GABRIEL ( prénom modifié en rapport avec l ange ) … un petit garçon de presque 2 ans non voyant, vivant avec son papa et sa maman mais qui avait besoin de contacts avec l’extérieur pour acquérir de la confiance en soi , de l’autonomie et ne plus avoir peur de ce qui l entoure.

aveuNe voyant pas, ses autres sens sont beaucoup plus développés; le moindre déplacement autour de lui est ressenti …. du coup, le passage plus ou moins vite des autres enfants à coté de lui , le stresse et lui font peur.
Les pleurs ou cris des autres l’agressent .L’habillage , déshabillage sont synonymes de changements donc se font dans les pleurs , cris , battements des bras qui dénoncent un grand stress qu’il ne maîtrise pas .
Sa façon à lui de s’échapper de ces peurs est de se balancer de gauche à droite avec les mains sur ses oreilles. Il pleure fort pour masquer ces bruits. D’autres comportements comme les mouvements désordonnés des bras, sautillements surviennent pendant les moments d’excitation. Ils ont alors pour effet de réduire les tensions. Il est toujours préférable d’éliminer ces comportements parce qu’ils peuvent paraître « bizarres » à l’entourage et peuvent inciter les voyants à se détourner de l’enfant déficient visuel et donc à limiter les interactions sociales.

Quand il est à la halte garderie et qu’il fait comme ça , pour le protéger et le ramener au calme on l’emmène dans le dortoir, de là , petit à petit , il retrouve son calme mais fini par s’endormir pour passer le temps.
Son rythme de vie est , par conséquent , complètement décalé : dort quand les autres jouent , joue quand les autres dorment et le soir chez lui dort à l’heure du bain et n’accepte d’aller se coucher que vers 22 voir 23heures !

Il a fallu se rendre à l’évidence que ce mode de garde ne lui convenait pas. L’équipe qui a pris en charge cette famille : une association avec psychologues ,  psychomotriciennes , éducatrices jeune enfant spécialisées a réfléchi à un autre mode d’accueil.

On m’a demandé d’accueillir Gabriel et de voir si cette nouvelle situation lui conviendrait mieux

Le premier contact s’est très bien passé , Gabriel s’est rapidement détendu , sa maman m’a expliqué ses attitudes et mimiques . On a beaucoup parlé de ses comportements corporels , gestuels.
Il n’y avait pas que Gabriel à mettre en confiance et à détendre !
Cette maman est remplie d’une certaine culpabilité entre le handicap et comme toutes les mamans le fait qu’elle doit aller travailler .
Mais elle m’a rapidement expliqué que Gabriel a des attitudes qu’il adopte avec moi comme il fait avec des personnes qui lui sont familières ( sa grand mère ; sa tante .. ) et du coup elle a été rassurée.aveugle1

Le comportement de son fils l’a vite confortée sur le choix que tous avions pris :
Faire en sorte que Gabriel ait une vie des plus régulière pour qu’il puisse prendre confiance en lui.
Cela voulait dire qu’on l’aide à faire grandir son estime de soi , qu’il accepte les autres autours de lui et les nouvelles situations pour qu’au final il ose se déplacer dans les espaces …. sacré challenge pour Lui et Nous !

Et depuis le mois de Mars que Gabriel est avec nous ce n’est que du bonheur !
Bien sur certains jours sont difficiles et ce jeune homme entre dans la période des 2 ans !
Il a les mêmes comportements qu’ un petit voyant !!
les mêmes oppositions; dans ces moments là il faut faire abstraction de son handicap pour avoir la bonne réponse !
Mais pour nous , les encadrantes, ça ne représente que du positif , ça veut dire qu’il est à l’aise et ose se lâcher.aveugle

Que de progrès faits .
Il a fallu qu’il accepte que les autres enfants évoluent autour de lui , qu’il comprenne qu’ils ne lui feront pas mal.
On a expliqué aux autres , avec des mots simples , qu’il était différent : que ses yeux étaient cassés …
Il s’est habitué à leur odeur , leur voix …. celle de ma binôme au RAM et celle de notre gentille ramette .

Pour moi ça veut dire que je dois tout verbaliser , tout lui expliquer … mes gestes mais aussi les bruits qu’il entend. Le rassurer si un autre enfant pleure ou crie …. et si je dois moi même hausser le ton après un de ses colocataires, lui expliquer qu’il n’est pas concerné .

On a du lutter pour le garder réveillé, pour l’empêcher de se réfugier dans son sommeil en le stimulant sans surchauffer ses capteurs !!! pour qu’il adopte un rythme de vie normal.

Certains jours sont encore compliqués car n’ayant pas la notion du jour et de la nuit , Gabriel se réveille à 3h du matin et chante à tue tête et réclame pour sortir de son lit …. difficile pour ses parents de lui faire comprendre qu’il doit dormir .
Du coup quand il arrive avec nous il est fatigué ,en colère qu’on le sorte de chez lui , que maman parte au travail, mais ça, tous les petits de son âge le font ; quelle n’est pas l’assistante maternelle qui n’a pas déjà récupéré un loulou épuisé de sa nuit mouvementée !

Depuis le mois de juin , il se déplace dans ma salle d’accueil et il en a fait déjà plusieurs fois le tour … il me cherche ! Son mode de déplacement lui est propre: il glisse sur ses fesses avec ses mains en guise de propulseurs et garde un pied en suspension pour éviter un éventuel obstacle devant lui .aveugle2

Comme il avance bien dans ses progrès , réagit bien à ce qu’on lui propose, on a réfléchi à ce qu’on allait mettre en place pour lui pour la rentrée de septembre … 2 jours entiers avec moi … mais pour cela il faut qu’il soit d’accord pour que ce soit quelqu’un d’autre que ses parents qui le nourrissent ; suffisamment en confiance pour lâcher prise et s’endorme avec son doudou chez moi .

On a fait quelque essais pour les repas .. pas très convaincants car le bébé aveugle (ou très mal voyant) est donc privé d’imitation :
• il n’a donc pas envie de manger ce qu’il y a dans votre assiette
• il ne vous voit pas introduire des morceaux piqués à la fourchette dans votre bouche
• il ne vous voit pas mâcher…
• il ne peut pas être séduit par une jolie composition dans son assiette
( dans sa petite tête, il pense que tout le monde est au biberon qu’il aime, et ne comprend pas pourquoi sa maman insiste tant pour lui donner à manger autrement ).
En expliquant à sa maman que les attitudes des 2 ans ne lui seraient pas épargné !!
donc s’il décide de ne pas manger , il attend jusqu’au prochain repas suivant , que s’il demande à être relevé au bout de 30mn de sieste , on le laisse patienter pour qu’il est un temps de repos tout de même correct …
De cette façon là, Maman et Gabriel, ont compris ce que voulait dire d’assumer un choix !…

Pendant mes congés Gabriel a du aller chez ma binôme , l’adaptation a été plus que rapide mais ils s’en sont très bien sortis tous les 2 ! il l’a connaît elle mais pas son domicile , il a été assez vite rassuré et y a passé des matinées tranquilles.braill

Depuis septembre les nouveaux horaires ont été mis en place , Gabriel est là les mercredis et vendredis toute la journée …. et contrairement à ce qu’on appréhendait toutes un peu, il a accepté de manger et dormir chez moi.
Après plusieurs essais de ma part dans mon organisation on a appris à dire : à table ! Quand
c est l’heure du repas, ses colocataires apportent les petites chaises autour de la table y compris la chaise de Gabriel … et ils mangent tous ensembles, le repas s’organise autour de chants et discussions… il suffit de lui présenter la cuillère près de son nez et de sa bouche et il mange.

Les anecdotes des repas !
On attend que Gabriel ait mangé au moins les 3/ 4 de son plat principal pour donner le dessert aux autres car s’il sent l’odeur d’un petit suisse ou d’une crème dessert il ne veut plus ce que je lui donne !!! ….
et ce qui n’est pas bon chez lui … c’est toujours bon chez moi …
ça vous parle ces situations …
Celle du moment de la sieste :
Ce jeune homme chante à tue tête s’il n’est pas fatigué , mais si je retourne le voir en haussant un peu le ton pour rappeler que lorsqu’on est au lit c’est pour un moment calme pas pour faire le fou … dans le ¼ d’heure qui suit il est endormi ….
Là aussi vous connaissez …

Voilà ce petit bonhomme et ses parents ont fait beaucoup de progrès ;
Tout le monde n’a qu’un objectif c’est que Gabriel arrive à se tenir debout et marche ,
ensuite il va acquérir le langage et puis viendra la propreté et il pourra être scolarisé.

Et pour être sure que je n’oublie rien ou que je m’y prenne de la bonne façon pour aborder cet enfant porteur d’un handicap je me suis inscrite à la formation proposée à ce sujet .form

Nous remercions Florence de nous avoir fait partager son vécu, et la confiance qu’elle nous a accordé, pour publier ce témoignage.

UNE ASSMAT EN MICRO CRECHE…

 

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Marie Poppins nous présente, Florence Baubant, 46 ans,  ASSMAT en Micro-crèche

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Comment et pourquoi être devenue assistante maternelle ?

Avant je travaillais dans les centres de loisirs et je faisais 2h 30 de trajet. Je suis devenue assistante maternelle agréée en 1998, car je voulais élever mon premier enfant né en 1996.

 

Pourquoi t’être dirigé vers ce mode d’accueil?

Pour pouvoir être toujours dans le monde de l’enfance.

As-tu suivis une formation particulière au sujet de ce mode d’accueil?

Non , j’ ai juste demandé ma demande d’agrément à la  Pmi. J’étais déjà titulaire du BAFA et du BAFD

Comment est organisée ta journée?

Feuille des Transmissions à disposition des adultes : Horaires d arrivée et de départ ,transmissions des parents de la veille, déroulement de la journée, heures des repos, et des changes .

Il existe différents horaires :

6h45-14h45 : aspiration du sol ,lavage, prise de la température des barquettes repas, remise en ordre de la salle et installation des jouets, rangement du linge de la veille et remise en route de la machine à laver, accueil des premiers enfants/parents, arriver du binôme à 8h ,mise en route d activités ou jeux libres, mise en route du four à10h, vérification des couches des enfants puis pause repas à 11h30,

Reprise à 12h30, déshabillage des enfants et lecture puis accompagnement vers la salle de repos sur les petits lits adaptés suivant l’âge (une salle pour les moyens-grands et une autre pour les bébés),départ à 14h45 ,flo5

8h-16h : accueil des enfants/parents, mise en place d’activités ,jeux libres ou jeux en extérieur, aux choix des enfants, prise des repas à 11h30, aide au déshabillage ,vérification des couches, puis pause repas à 12h30,  retour à 13h30 dans la salle de vie, premier réveil d’un ou plusieurs bébés, vérifications des couches ,rhabillage ,jeux libres avec les enfants, goûter à 15h30, puis propositions d’activités motrices : en intérieur ou extérieur 10h30-18h30 (cuisine) : prise des températures des barquettes entreposées dans le frigo professionnel, mise en chauffe dans le four,30 mn après vérification des températures,11h30 : installation du repas et distribution (grands et bébés).

Fin du repas, nettoyage des tables, du sol, de la cuisine.15h30 vérification et distribution des goûters. puis nettoyage comme le midi. Retour dans la salle commune pour activités des enfants avec son binôme.

As tu des jours de repos réguliers?

Le samedi et dimanche.

Comment est ta relation avec tes collègues de travail?flo2

Mon caractère est assez souple , je suis patiente et ouverte sur la façon de faire en crèche. Faim de nouvelle technique professionnelle. J’accepte de me remettre en question et j’apprécie les remarques pour pouvoir m ‘améliorer.

Comment est ta relation avec les enfants et PE que tu accueilles?

la relation est celle d’une professionnelle chaleureuse, Etre à l’ écoute des souhaits des parents et la demande des enfants. Privilégier le dialogue et la patience.

Est il difficile de concilier sa vie privé et sa vie professionnelle ?

Au départ ,ma plus jeune était un peu triste (8 ans),quand j’ai commencé, car je suis toujours resté avec eux depuis leur naissance .Même les plus grands ont du s’organiser et devenir plus autonomes.

Penses tu que ce métier à de l’avenir, dans quel mode d’accueil et pourquoi ?flo3

Je pense que c’est une bonne alternative pour sortie de l isolement professionnel ,car même avec les Ram on, se retrouve seul face à l enfant. En micro-crèches les collègues nous rassurent dans nos capacités bien traitantes et en cas de doute, prennent le relais .

Penses tu qu’il faille revoir la formation des assmats ? si oui, comment ?

C’est vrai que la formation des assmats est trop rapide et légère, je pense qu’il faudrait faire des stages, soit en micro structure (crèche ou Mam), soit chez une assmat agréée depuis plus de 5 ans. Puis avoir un diplôme spécifique à cette profession.

Penses tu que tu gagnes mieux ta vie avec ce mode d’accueil plutôt qu’en accueil familial?

Je ne dirais pas que je gagne mieux ma vie , juste que le salaire est constant et que j ai des avantages que je n’ai jamais connu (treizième mois et ticket restaurant, CNAS (action sociale) ,CNFPT (formation professionnel), récupération des heures des réunions tous les mois, congés (5 semaines)flo4

Penses tu être mieux reconnue, aux yeux des professionnels de la PE et des parents, dans ce mode d’accueil?

Je pense que de travailler en structure aide à la reconnaissance professionnelle grâce :aux formations/réunions , aux collègues qui sont auxiliaires de puériculture, habillement professionnel, protocole d’hygiène et projet d’année….

Nous pensons que les assmats sont FORMIDABLES, en quoi l’es tu ?

J’ai été agréée depuis 1998 et j’ai eu des hauts et des bas que ce soit avec la relations avec les parents et du salaire…grâce à l’ouverture du Ram en 2007 cela m’a permis de briser flo7l’isolement de ce métier…Puis après un protocole de soin long , j’ai su rebondir en postulant en micro crèche et pourquoi pas d’autre projet par la suite comme une Mam ou Puéricultrice de secteur…

Mon projet d’avenir est de passer Auxiliaire de Puériculture par la VAE ,mais il faut trois ans d’expérience dans les crèches , et cela fait que un an et 1 mois que j’y travail. Donc à suivre!flo6

Merci Florence de nous avoir accordé un moment pour répondre à l’interview de Marie Poppins, tu nous as fait connaître ce mode d’accueil collectif, et nous t’en remercions.

Nous te souhaitons du courage et tout nos bons vœux pour la suite de ton projet!

« Deux responsables de RAM sont à l’honneur, car elles, le valent bien ! »

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Notre Marie Poppins a rencontré…..

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> Marie-France Comptour, 53 ans, vit et travaille à VEDENE dans le Vaucluse à côté d’Avignon et

 

> Marie Vernette, 59 ans, vit à Noves et ram de sorgues (02) - Copietravaille à Sorgues proche banlieue d’Avignon

 

 

 

Marie-France et Marie, comment devient-on animatrice de RAM ? (Parcours, diplôme, choix volontaire ou hasard) :

>MF : Pour ma part je suis éducatrice de jeunes enfants (EJE) depuis 30 ans; J’ai exercé d’abord en halte garderie parentale puis j’ai été assistante maternelle agréée pendant quelques années sur VEDENE. Avec d’autres AM nous avons monté une association (qui existe toujours….) dans laquelle nous nous sommes beaucoup investies (projet écrit, rencontres régulières avec les enfants puis lien avec le foyer logement etc…) La mairie s’est penchée sur nos actions cela l’a intéressée.ram vedene 3 Elle a décidé d’ouvrir un RAM en 1997 à mi temps sur notre commune. J’ai alors postulé, motivée par la connaissance que j’avais du métier d’assistante maternelle mais aussi marquée par mon propre parcours de recherche de garde en tant que parent. J’ai eu moi-même différents mode de garde : la crèche et l’assistante maternelle. Les ingrédients étaient réunis pour foncer dans ce nouveau et merveilleux métier qui est d’accompagner parents et assistantes maternelles dans leurs questionnements, leurs besoins. C’est un vrai choix même si le hasard au départ a bien fait les choses !!.

> Marie : Diplôme d’EJE obtenu, j’élève mes 3 enfants tout en gardant une activité bénévole dans l’enfance, l’école et l’animation. Les évènements de la vie m’ont propulsé dans le monde réel du travail en tant qu’EJE dans un premier temps en crèche, auprès des enfants et des équipes, puis en tant que directrice de crèche.ram de sorgues (02) C’est dans cette fonction que j’ai vraiment rencontré les assistantes maternelles au cours des ateliers proposés par ma collègue ram de la commune. Les échanges avec ces professionnelles et leur attente de rencontres dans ces moments d’ateliers et d’échanges, puis mes relations de partenariat avec l’animatrice de ram m’ont décidé à postuler au poste d’animatrice de ram créé à Sorgues, il y a 8 ans. C’est donc un choix.

> Comment fonctionnent les rams dans lesquels vous exercer ? (Municipal .associatif ?….intercommunal ?…itinérant ? Avez-vous l’habitude de travailler ensemble puisque vous n’êtes pas sur la même commune ?)

> MF : Le RAM dans lequel j’exerce fonctionne à temps plein maintenant ; il est intercommunal. Je me déplace dans la commune voisine pour y faire une permanence ou un atelier collectif avec les AM une fois par semaine (en alternance). Mon employeur est la mairie de Vedène. Mais le RAM est en partie subventionné par la CAF.vedene Nous sommes 24 animatrices de RAM sur le Vaucluse et nous essayons de travailler ensemble le plus possible afin d’avoir le maximum de cohérence. Bien sûr on travaille plus ensemble selon la proximité du secteur : Sorgues et Vedène étant très proches et sur la même unité territoriale du conseil général, cela facilite le rapprochement. Sur notre secteur nous travaillons aussi avec Florence Vallat qui est également sur Sorgues et l’intercommunalité, avec Dolores Corti, Sylvie Ouziel et Isabelle Bertuzzi sur Avignon, Virginie Bannier sur Le Pontet. Nous avons des réunions fréquentes de secteur mais également départementales où nous sommes en réseau autour d’une coordinatrice RAM de la CAF qui nous aide dans nos missions d’information en faisant appel à divers interlocuteurs comme pajemploi, la FEPEM, la PMI etc..

> Marie : Sorgues est un ram intercommunal avec convention, signée entre 5 communes ,il fonctionne avec 2 animatrices à temps plein qui se déplacent sur chacune des villes pour les ateliers et les permanences d’accueil du public.sorgues6 Sorgues est le siège social et bénéficie d’un local propre identifié ram. Entre RAM, Nous réfléchissons ensemble sur des thèmes ,nous nous apportons soutien moral et matériel selon les manifestations, nous organisons des réunions ou évènements ensemble pour mutualiser et fédérer les moyens ( ex :conférences, rencontres pmi/ram /AM, ) remplacement d’accueil téléphonique au cours des congés ou absences.

> Votre regard sur le métier d’Assmat a t-il changé depuis que vous exercez ? (Sont-elles plus ou moins impliquées que vous ne l’imaginiez avant d’exercer?)

> Marie : Oui mon regard a changé et évolue encore : je ne savais pas que ce métier présentait tant de complexité dans son exercice : Entre la présentation de l’assistante maternelle de son identité de professionnelle au futur parent employeur : accueil téléphonique, puis rdv, puis accueil physique au domicile, etc.… , – de son projet d’accueil (éducatif, financier…) – de ses valeurs – du contenu des contrats de travail – etc.… ET la réalité de terrain : – Parent employeur sans expérience, néo-parental, proche de ses intérêts financiers, parent employeur un peu méfiant à leur égard, ou peu respectueux de leur lieu « professionnel intimité » …………… ……………………………ram de sorgues (01 Puis l’accueil de l’enfant et le déroulement des journées, l’impact de la pression parentale, du référentiel de la PMI : Quelle plage de sérénité peut elle préserver ? Comment être dans une continuité de lâcher prise ? Et le regard des médias sur leur métier . C’est donc un métier très complexe qui demande une grande adaptation, du savoir être et du savoir faire..

> MF : C’est difficile d’être toujours à l’écoute, des enfants et des parents ; c’est difficile de communiquer aux parents un quotidien de leur enfant à la maison qui ne se déroule pas toujours de façon idéale… « Est-ce que ça je le dis et comment je le dis. ». ? Je pense que si une AM n’est pas réellement impliquée professionnellement pour accompagner enfant et parent sur le bout de chemin qu’on l’exerce bien ! Une professionnelle de la petite enfance doit forcément s’impliquer….KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA Pour l’AM il est aussi très important de prendre beaucoup de recul pour ne pas être envahie par l’affectif et ne pas prendre une place qui n’est pas la sienne. Personnellement je ne pense pas que les AM soient plus ou moins impliquées qu’avant ; je pense qu’elles ont plus conscience de l’importance de ce maillon de la chaine éducative qu’elles représentent quand elles accueillent un enfant, d’ailleurs on parle maintenant beaucoup plus « d’accueil » que de « garde » Cela sous entend bien des compétences à avoir….

Pensez-vous que vos responsabilités sont bien définies et comment expliquez vous autant de disparité dans l’efficacité des RAM ? (que pensez-vous du référentiel?)

> Marie :Nos responsabilités sont bien définies : nous devons en permanence nous ajuster aux différentes missions, trouver l’équilibre entre ces missions et notre désir d’aller plus en avant ( pour respecter les valeurs de notre formation de base : éducatrice de jeunes enfants),parfois notre tentation est de « résoudre » les problématiques des assistantes maternelles ou des parents employeurs, à leur place, alors que notre rôle est uniquement de proposer des pistes.ram de sorgues (30) Ce qui sous entend que nous aussi nous devons savoir rester à notre place. Notre formation de base peut être un formidable atout qui influe sur notre façon de travailler, notre comportement et si on n’est pas vigilant cela peut aussi nous desservir. Notre regard d’éducatrice de jeunes enfants sur l’enfant nous donne la tentation d’intervenir auprès de lui, mais nous devons être simple observatrice et si possible, ensuite, échanger avec l’adulte référent sur le questionnement soulevé, rappeler lors des ateliers l’importance du laisser faire, de la confiance à mettre en l’enfant sur ses compétences à gérer les situations de manière autonome.

> MF : Pour nous, qui avons déjà travaillé sur le département à une charte pour définir nos missions, nous ne pouvons qu’applaudir cet outil « Le référentiel » qui définit bien clairement notre fonction , nomme nos partenaires ainsi que les aspects qui peuvent parfois être invisibles (ex budget, planning, organisations de divers évènements, bilans et statistiques divers à rendre, formations, réunions inter zone et avec divers partenaires ou associations , réponses à des interviews)…….ram vedene 4

> MF et Marie : L’animatrice de RAM donne le ton, la couleur du RAM par sa tolérance et son esprit d’ouverture. Selon nos horizons professionnels différents il peut arriver certains dérapages liés à une rigidité et un manque d’ouverture ( par exemple : on n’est pas là pour remplacer les assistantes maternelles et s’occuper des enfants à leur place ,donner des conseils d’éducation ou s’approprier les contrats entre parent employeur et assistantes maternelles ;En aucun cas on ne doit faire de conseil juridique)

> Quels sont, les engagements d’un RAM, face à la CAF, leur CG, leur municipalité, Les Parents et les ASSMATS ? (comment arrivez-vous à gérer ces engagements ? Comment organisez-vous vos journées entre l’administratif, les ateliers, les réunions..)

marie2 > Marie et MF :Tout ce que vous abordez dans votre question est bien répertoriée dans le référentiel CAF par des missions bien définies et réparties selon un planning régulier, hebdomadaire et annuel (ex : en ce moment nous sommes en plein bilan qualitatif et quantitatif sur l’année 2014 du RAM (ce qui a été réalisé ou non) et sur le budget compte de résultat 2014 et prévisionnel 2015)ram vedene 5 Envers le CG nous n’avons qu’un rôle de partenariat, nous sommes garantes et respectueuses des valeurs de la république et sommes sous la responsabilité du Maire auquel bien sûr nous rendons des comptes (comité de pilotage, réunions, compte-rendu...) Cette notion de SERVICE PUBLIC, GRATUIT et NEUTRE est pour nous un fondement , la base de notre travail, une ouverture pour TOUS LES USAGERS quels que soient leurs moyens financiers.

Et à ce sujet en ce qui nous concerne : non nous ne pensons pas être un service médiocre parce que non payant, comme suggéré bien maladroitement dans l’éditorial de l’ASMAT d’octobre 2014. Un RAM n’est pas seulement un lieu d’information administratif ou sur la législation, mais avant tout un lieu de convivialité où les personnes doivent se sentir accueillies, écoutées et accompagnées aussi dans leurs autres questionnements sur ce que confier leur enfant à un tiers peut soulever comme inquiétudes et projections. Envers les parents et les assistantes maternelles nous avons un rôle de neutralité, d’honnêteté et d’accompagnement.

> Pensez-vous qu’obliger les assmat à fréquenter les RAM soit une bonne solution ? Y a t-il d’autres solutions à mettre en place, selon vous, pour que les assmat soient plus nombreuses à les fréquenter (formation continue au sein des rams, augmenter leur nombre sur le territoire…)

> Marie et MF : Les assistantes maternelles doivent pouvoir trouver leur place dans les ram sans y être obligées : à nous d’ouvrir et d’organiser ces lieux pour qu’elles y trouvent sécurité professionnelle ( pas de jugement) réponses à leurs questions liées au développement de l’enfant, espace d’échanges, espace libre, de créativité, d’expression et d’initiatives, qu’elles s’approprient le lieu .ram vedene1

Ce qui signifie, réserve de notre part ,laisser la place, tout en étant garante de cet espace possible…. Il y a sans doute plein de formules à mettre en place, à innover pour que les assistantes maternelles trouvent leur place et soient heureuses d’ y venir .

C’est ensemble aussi avec les assistantes maternelles et les parents en écoutant leurs problématiques et leurs souhaits que l’on peut être innovant ou tout au moins bien ajusté et cohérent dans les projets que l’on monte.

Si nous avons un rôle de promotion, nous n’avons qu’un rôle de facilitation à la formation continue, en aucune façon nous ne pouvons la prendre en charge, celle-ci étant réservé aux organismes compétents.

marie 1Si sur le Vaucluse nous sommes bien fournis en RAM, d’autres territoires mériteraient de l’être plus . De même, il est important que, à l’instar des assistantes maternelles, les animatrices de RAM ne restent pas isolées . Il est très important de demander une supervision par petit groupe avec un psychologue. En Vaucluse c’est instauré depuis plusieurs années. C’est essentiel pour avoir du recul sur notre façon de fonctionner, pour rester bien professionnelles, ajuster notre positionnement, pour ne pas travailler dans la médiocrité.

Nous avons à notre disposition un panel de formations payantes ou non qui peut répondre à nos besoins. A nous de savoir nos points faibles ou être curieuses de « plus » et demander ces formations, savoir saisir les opportunités qui s’offrent à nous-mêmes si c’est vrai qu’une formation initiale identique sur tout le territoire national serait aussi la bienvenue pour « uniformiser » un peu plus nos pratiques « de base » Il est difficile de gommer entièrement toutes les disparités d’une région à une autre car selon le lien entre les administrations, le positionnement des mairies ou des CG, tout cela peut influer sur le fonctionnement des RAM

Merci à vous de nous permettre de réfléchir à nos missions et nos engagements par le biais de vos lignes d’interview sérieux et ainsi de confirmer l’importance de nos liens dans cette volonté commune de qualité d’exercice de nos métiers ! Marie-France & Marie…

C’est le CAMAM qui vous remercie pour le temps que vous nous avez accordé, à répondre à notre Marie Poppins, pour montrer que la volonté de bien faire, est là, que même s’il existe des disparités, il ne faut pas faire « une généralité » les défauts de quelques un.

Une Assistante Maternelle en Bretagne…. sans sa coiffe …!!

téléchargement (7)Notre Marie Poppins a rencontré ,

5Françoise Guillon, assistante maternelle, 58 ans, domiciliée drap en Bretagne à Trégueux (22), et par son interview supercalifragilisticexpialidocious, elle nous dévoile cette assmat Bretonne.

Françoise comment es tu devenue assistante maternelle?

Je suis devenue assistante maternelle en 2003, après avoir eu une carrière professionnelle bien remplie en tant que cadre administratif et commercial puis responsable d’entreprise. Lasse de toutes ses responsabilités bureautiques, je me suis tournée vers une passion qui m’a toujours attirée : les enfants, surtout les moins de 3 ans. Après quelques recherches, j’ai obtenu un agrément pour 2 enfants, effectué ma formation puis intégré la crèche familiale de ma ville où je suis assistante maternelle agréée pour 3 enfants.bigo

Penses tu qu’il difficile de concilier vie professionnelle et vie privée?

Il ne m’est pas difficile à présent de concilier ma vie professionnelle et ma vie privée d’autant plus que mon mari est devenu également assistant maternel depuis 2009, suite à une période de chômage où il a pris plaisir à être avec les petits que j’accueillais. Cela lui a donné envie de pratiquer ce métier. Toutefois, je reconnais que lorsque j’avais ma fille à la maison, mon métier pesait un peu le soir quand j’accueillais des enfants assez tard. Il faut avoir des talents d’organisation.photo-634702638690884407-1

Peux tu nous raconter ta journée type?

Ma journée type se décompose de la façon suivante : le matin, je prépare les repas pour le déjeuner puis j’accueille les enfants. A leur arrivée, il y a un temps calme de redécouverte des espaces et des jeux par l’enfant, le temps que tout le monde arrive. Ensuite, les bébés vont faire leur sieste du matin pendant qu’une activité dirigée est mise en place pour ceux qui veulent y participer. Une fois terminée, les enfants sont en jeux libres puis les bébés réveillés, nous partons en promenade à pieds ou en sortie en voiture. Nous revenons pour le déjeuner des bébés pour 11h30 et les repas se poursuivent jusque vers 12h30/12h45. Après les changes, les enfants font la sieste de l’après-midi et se réveillent à leur rythme pour ensuite passer au goûter. Une fois terminé, lecture, danse, comptines ou autres activités sont mises en place en attendant que les premiers parents arrivent. Il nous arrive de ressortir selon le temps et la saison, lorsque certains enfants partent tard dans la soirée.

61Penses tu que ton métier à un avenir?

Concernant l’avenir de ce métier, je suis partagée. D’une part, je suis optimiste si les assistants maternels obtiennent un diplôme digne de ce nom pour pouvoir par cela même obtenir la confiance des différents acteurs qui tournent autour de ce métier, tels que les parents, les PMI etc… et se retrouver totalement compétents tout en effectuant des formations tout au long de leur carrière pour être toujours à la pointe. D’autre part, je suis pessimiste quant à la profession d’assistant maternel de crèche familiale, qui je pense, va disparaître, bien à tort. Taxée d’avoir un coût trop élevé par les collectivités territoriales, elles représentaient un très bon compromis entre l’assistant maternel un peu isolé et la crèche collective.

Crois tu que l’avenir de ton métier, passe par une restructuration de la formation?

4Je pense qu’effectivement, il faut absolument revoir la formation des assistants maternels qui est beaucoup trop succincte. Il faut une formation initiale qui comporte différentes matières concernant les différents développements de l’enfant, développement psycho-affectif, développement psychomoteur, l’alimentation, le sommeil, les activités, les relations avec les différents acteurs qui nous entourent etc… étudier également les différents courants qui peuvent être mis en place : Pickler, Montessori etc… avant l’exercice de la profession. Nous sommes des acteurs essentiels dans la filière Petite Enfance et avons notre place dans l’accueil des petits. Encore faut-il que nous soyons des professionnels à part entière.

circuit vallée du Goelo 014Est ce que , pour toi l’exercice de ton métier est plus difficile?

Je ne rencontre pas spécialement de difficultés dans mon métier. J’ai la chance d’avoir pu suivre beaucoup de formations et mes professions antérieures m’ont donné une formation solide dans le relationnel. Je suis très indépendante et ne cesse de m’informer par des lectures, en assistant à des colloques etc, sur cette merveilleuse profession qu’est la nôtre.

Nous pensons que les assistants maternels sont formidables, en quoi le serais tu?

En quoi suis-je formidable ? je ne peux pas répondre à cette question. Je n’ai pas assez d’égo pour me dire que je suis formidable. Je fais du mieux que je peux et ne cesse de vouloir m’améliorer par des connaissances. J’ai donc posé la question aux parents des petits que j’accueille, ils m’ont répondu que ma disponibilité, mon écoute, le fait que les petits viennent avec grand plaisir, étaient pour eux un atout incontestable. Je m’en tiendrai là.

Merci, Françoise, d’avoir pris le temps de nous faire partager, un peu de ton intimité professionnelle, et ta belle région.