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Le témoignage d’une retraitée, du métier d’assistante maternelle, Anne Marie

Anne-Marie, assistante maternelle en région tourangelle
jusqu’en 1985, retraitée


Dans les années « 70 », l’accueil d’enfant au domicile a pris le statut de « nourrice agréée »,
principalement des femmes. La plupart accueillait déjà des enfants, de manière plus ou moins
formelle.

Le gouvernement a alors procédé à un cadrage plus strict de ce qui allait devenir
quelques décennies plus tard, la profession d’assistant maternel.
Jusque dans les années « 80 » il suffisait d’un entretien de motivation, et d’un certificat médical
pour obtenir le précieux sésame. Une simple visite chez la candidate et l’affaire était réglée.
Les femmes faisaient ce choix pour compléter le salaire du foyer. Et c’était loin d’être considéré
telle une professionnalisation. Les pratiques n’avaient alors rien de comparable à ce qu’elles sont aujourd’hui. La considération de l’enfant en tant que personne à part entière n’existait pas.

Les crèches collectives n’étaient que des « usines à bébés » dans lesquelles les enfants étaient formatés à devenir de bons petits « soldats » obéissants à des horaires et des contraintes éducatives précises où régnaient ce dont nous nommons en 2015, les douces violences !
Alors les « nourrices » …. !?
Leur statut précaire laissait la part belle à de nombreuses dérives illégales.
Le travail régulier, le contrat de travail mensualisé et la démarche d’un bulletin de salaire n’étaient pas le reflet d’une considération des salariés, y compris pour les personnes employées par la DDASS ( ASE). Chacun trouvait son compte entre parents et « nourrices » : les uns dispensés des charges lourdes à l’époque et les autres ayant l’apport d’argent liquide dans leur budget précaire.
Pour les parents, c’était aussi l’absence de contrainte du respect d’un contrat de travail et la facilité de confier leur enfant de manière aléatoire, au gré de leur besoin du moment.

L’indemnité d’entretien quasi inexistante était fixée selon l’humeur du parent employeur.
Par contre ce dernier avait obligation de remettre un BULLETIN DE SALAIRE et d’ effectuer les
déclarations trimestrielles d’emploi de sa salariée auprès de l URSSAF !
Le parent devait apporter tout le nécessaire à l’enfant. L’espace de celui-ci était réduit très souvent à un parc et quelques jeux basiques dans un coin du salon ( quand ce n’était pas dans un couloir) !!!
Le parent fournissait aussi lit, literie, poussette, bavoirs…. et jouets de l’enfant !
Sans être alarmiste, de telles situations perdurent toujours…..
Au fond, la situation en 2015 a-t-elle réellement évolué en matière de prise en compte de
l’éradication des douces violences et des besoins adaptés individuellement à chaque enfant ?
L’Administration a-t-elle pris conscience du rôle considérable des assistants maternels à travers
les attentes réelles de terrain ? Et ces professionnels que nous sommes sont-ils tous intègres, formés de manière efficace et préparés à toute situation pédagogique, sociale, relationnelle et humaine ?

Voici donc le témoignage d’Anne-Marie de TOURS.

Nous la remercions pour sa gentillesse et la franchise de ses propos. Aujourd’hui à la retraite, elle a exercé le métier d’assistante maternelle jusqu’en 1985.

Elle a donc connu une bonne partie de son évolution. Elle est aussi maman de
quatre enfants dont elle s’est occupés tout en exerçant ses accueils.

Encore un petit mot : Anne-Marie :

« D’abord, permettez-moi de vous féliciter pour votre démarche et votre enthousiasme à
défendre ce métier ! ( NDLR Merci Anne-Marie!)
Il est vrai que ma première démarche en 1971 fut de cotiser pour ma retraite mais aussi
d’avoir la possibilité de m’occuper de mes enfants. J’ai été agréée tout en premier, en tant que
« nourrice agréée de l’ASE ( ex DDASS). J’ai débuté avec l’accueil d’une enfant d’un mois, placée
par cet organisme.
Je n’ai pas eu de difficulté particulière à obtenir cet agrément. Le délai fut rapide et je n’ai
pas le souvenir d’avoir subi une enquête approfondie, pour cette obtention. Je n’ai pas fait de
formation. J’ai eu une petite de deux ans et immédiatement après un petit garçon d’un mois m’a été confié. J’ai gardé ce petit sept années. Aujourd’hui cette fonction est celle d’une assistante familiale.
Après ces deux enfants, j’ai exercé ma prestation directement auprès de parents, en
accueillant quatre enfants jusqu’en 1985. Ensuite j’ai changé de voie, en me dirigeant dans le service à la personne pendant une dizaine d’années avant de prendre ma retraite.

Lors de ma demande initiale, l’entretien avec les services sociaux fut assez rapide, sans
détail intrusif sur ma vie privée et/ou familiale. Aucune restriction, aucune obligation ne m’ont été imposées. Contrairement à ce que je lis ou j’entends du métier en 2015, aucune modification, ni règle de sécurité exigées. La présence de mes animaux n’était pas un problème. Je pouvais me déplacer au supermarché, faire mes courses, gérer mon travail personnel et la vie de ma famille tout en prenant en charge les enfants confiés. A qui je donnais beaucoup d’affection.

Ma pratique quotidienne n’est pas comparable à ce que je constate sur vos différentes activités à ce jour. Et encore moins à la lourdeur de la tâche et des responsabilités qui vous sont attribuées.
J’ai rencontré mes employeurs par le bouche à oreille. Mon « contrat de travail » se limitait à
quelques lignes sur une feuille de papier. Ou transmis de manière orale de gré à gré. Aucune
mensualisation telle qu’elle est pratiquée à présent. Je recevais mon salaire au temps réel de garde passé dans le mois. Un bulletin de salaire m’était remis par chaque parent.
Dans l’ensemble, j’ai eu des relations proches et honnêtes avec mes employeurs. Un seul me
laisse un goût amer, après m’avoir retiré son enfant au retour de vacances, sans la moindre
explication.

J’ai toujours obtenu mes salaires dans les premiers jours du mois. Sans avoir à réclamer mon dû. J’exerçais sur une amplitude hebdomadaire de 50 heures. Du lundi au vendredi soir ( voire vendredi midi pour certains!).

Agréée pour trois enfants, mes accueils étaient complets. Mon salaire moyen total était de 1972 F ( soit 301 euros) et une indemnité compensatrice pour la fourniture des repas de 150 F par enfant ( soit 70 euros pour trois) .
Les parents m’apportaient des aliments de base pour les plus petits ( petits pots, laitages,
lait infantile, céréales) sinon les enfants partageaient le repas familial en contrepartie d’une
compensation financière.
J’avais mon propre matériel de puériculture. Les parents fournissaient couches et produits
d’hygiène.
Le montant de l’indemnité compensatrice pouvait varier car certains parents me
remboursaient selon les frais réels engagés après présentation du ticket de caisse. Mais d autres me remettaient la somme sur la base d’un forfait.


J’accueillais ces enfants comme les miens. Ma pédagogie n’était pas différente. Avec le recul
je pense que c’est une erreur. Je n’ai pas non plus changé mon organisation familiale. L’éveil des enfants n’était pas la priorité à cette époque. Leurs besoins n’étaient pas forcément mis en évidence.
Les enfants étaient laissés – bien que sur surveillance – libres dans leurs jeux. La « nourrice
agréée » ( nommée gardienne jusqu’à la fin des années 70), n’avait pas de réel statut d’éducatrice, ne connaissait pas les apprentissages fondamentaux tels qu’ils sont inculqués et conseillés en 2017 !
Sans formation adaptée, sans suivi des compétences.
Les visites de la PMI étaient rares et de plus informées à l’avance.
J’ai eu la chance d’être accompagnée et conseillée par la PMI de mon secteur pour le cas d’un
enfant confié et malade ( mais en tant que « gardienne » de la DDASS). Par contre j’ignore ce qu’il
en aurait été par rapport à un enfant confié directement par ses parents, car le problème ne s’est jamais posé.
La PMI n’a jamais été intrusive dans ma vie privée. Ne m’a jamais imposé quoi que ce soit
dans ma vie professionnelle. N’a jamais réalisé aucun contrôle en quinze années d’exercice, si ce n’est que des visites à ma demande. Les contrôles ont été quasi inexistants sur la période où j ai été employée par les parents.
Je n’ai fait aucune formation particulière. Par contre, je pouvais me rendre la PMI de mon
secteur avec les enfants et recevoir des conseils sur leur santé et leur prise en charge. A cette
époque, tout enfant pris en charge par une assistante maternelle, devait consulter la PMI et avoir un carnet de santé à jour, être en bonne santé et un suivi médical correct. La protection sanitaire de l’enfant était totalement contrôlée.
Malgré toutes les difficultés, je me suis épanouie dans un métier qui me plaisait. J’ai
beaucoup appris des enfants et j’ai beaucoup partagé. J’obtenais un salaire proche du SMIC ( au
début de mon exercice et avec trois enfants à temps complet). Comme je le précisais plus haut, ce
fut aussi l’occasion de rester auprès de mes quatre enfants. Les parents me faisaient confiance et ne se posaient pas de questions en partant travailler. Ils n’avaient pas d’exigences particulières si ce n’est que celles de prendre soin de leur enfant. Ce qui est tout à fait légitime. 

Bien qu’habitant en ville, je me suis sentie souvent isolée. Les activités destinées aux tout-
petits n’étaient pas la priorité de nos Elus du moment.
Je ne rencontrais pas mes collègues non plus. Et j’avoue que certaines ne me laissaient pas le
choix, à cause de leurs nombreuses dérives.
Je ne proposais pas d’activités extérieures aux petits, peut-être aussi à cause d’un manque de
relation humaine, et de méconnaissance des besoins réels des enfants. La solitude professionnelle était constante, je me référais donc à ma seule expérience de maman. Pour rompre cette solitude je gardais le lien avec une amie proche de mon domicile, nourrice comme moi, et qui me remplaçait pendant mes absences ou mes vacances. Je n’ai jamais entendu parler ni d’association, ni de syndicats professionnels.
Je ne me suis jamais sentie jugée de la part d’autres collègues et je n’ai jamais eu le
sentiment de mépris ou de dénonciation calomnieuse. Le fait de rester isolée, le problème ne se posait pas.
Cependant j’ai eu un cas de conscience tout de même face à une collègue que je savais
maltraitante vis à vis d’un enfant confié par les services de la DDASS. Je n’ai pas jugé urgent
d’intervenir, dans la mesure où la PMI doit garantir les actes des personnes qu’elle emploie et qu’elle est supposée contrôler. Les parents, en tant qu’employeurs directs, ont aussi un rôle à assumer et non seulement attendre une prestation sans aucune vérification ou suivi de leur part.
Beaucoup de « gardiennes » – on ne peut les nommer autrement – s’autorisaient tous les
abus dans l’éducation violente qu’elles apportaient aux petits, à travers un mépris total de la
pédagogie et de l’affectif mais aussi des vœux des parents désarmés par le manque de moyen de garde. Il y avait l’intérêt de la facilité du gain. Je crains fort, que pour certains, la situation n’ait guère changé en 2015… n’est ce pas ?

J’estime à 50 % la moyenne des assistantes maternelles pratiquant avec dévouement, lorsque
j’étais en exercice.
Je ne pense pas qu’une majorité de mes collègues était solidaire à ma démarche de voir
avancer ce métier. Personne n’engageait la conversation sur le sujet. D’une part, il restait tabou de considérer l’enfant telle une personne, et d’autre part le travail au noir sévissait largement. Beaucoup de chacun pour soi, de non-dit et malheureusement de maltraitance.
J’aurais aimé être accompagnée par une formation spécifique.

Car a posteriori, je pense que c’est une erreur de croire qu’on peut prendre en charge les enfants qui nous sont confiés, sur la même base éducative que nous inculquons à nos enfants. Les parents ayant leur propre vœux éducatifs, et leur choix d’identité familiale. Les mentalités évoluent et surtout les modes pédagogiques s’adaptent aux besoins de l’évolution des enfants.
J’aurais apprécié avec enthousiasme la possibilité d’un accès à une formation continue,
pérennisant ainsi mes apprentissages et mes connaissances de l’enfant. Adaptant les nouvelles
techniques et les bases éducatives complexes adaptées au propre de l’enfant. Cela aurait été aussi l’occasion de rompre l’isolement. Si j’avais obtenu un diplôme de par la professionnalisation de ce métier, j’aurais pu évoluer vers d’autres voies du secteur de la petite enfance et intégrer un emploi en structure collective. Ou évoluer vers d’autres formations différentes.

Plus jeune, faire une école d’aide-soignante, avec pour base la valorisation d’un diplôme me permettant d’accéder à la formation. En fait oui, une véritable reconnaissance de mes actes professionnels. Apprendre un autre métier, tout en ayant la valeur des acquis de l’expérience professionnelle et de ceux aussi confirmés par un diplôme d État. Alors puisque vous me le demandez, oui je suis formellement convaincue de l’importance d’un diplôme réservé à la profession d’assistant maternel, garant de passerelle vers d ‘autres professions ou d’autres formations.

Pour en revenir à l’exigence d’un diplôme, tel que vous le proposez. Il est bien évident que la
Législation est incohérente et l’agrément validé par une formation telle qu’elle est effectuée
actuellement n’a aucun sens : l’agrément est accordé alors que l’assistant maternel entre en exercice sans même avoir terminé sa formation , et le « pompon » de l’affaire… sans obligation de résultat positif quant à l’obtention de la partie concernée du CAP Petite Enfance ! Quelle garantie pour les parents ? Quels outils de compétences donne-t-on à l’assistant maternel, alors que ses apprentissages ne sont pas acquis en totalité ?
Je le vois autour de moi, par la démonstration d’incompétences, de laxisme, du manque
d’informations pédagogiques et de connaissances du droit et devoir de la profession ( volontaire ou non)….
Ce qui entraîne procédures administratives ( PMI) et pénales ( Prud’hommes), parfois
totalement abusives et infondées.
Protéger un enfant est acte essentiel, mais protéger l’intervenant dans l’exercice de sa
fonction est aussi légitime. En ayant un contact d’accompagnant et non de surveillance répressive, la PMI assurerait plus ardemment son rôle. Les intrusions abusives de la PMI n’existaient pas lorsque je pratiquais ce métier. Les exigences et les diktats non plus ! Et heureusement car c’est totalement inacceptable ! Comment prétendre imposer un mode de vie, un décor, l’absence des enfants ou du mari, alors que vous pratiquez un accueil « familial » ? J’aurais démissionné !

Certes, je remarque que, depuis que j’ai cessé, la législation a donné plus d’avantages sociaux
aux assistants maternels, mais je ne suis pas certaine qu’ils améliorent votre quotidien et encore moins votre avenir. Vous cotisez sur l’intégralité de votre salaire pour votre retraite, mais ce salaire est bien moindre par rapport à ce qu’il était à mon époque. Beaucoup d’entre vous exerçant à mi-temps et se trouvant avec des places disponibles ! Le Législateur a modifié vos conditions de rémunération en supprimant le forfait de salaire journalier, passant ainsi de 8 à 10h pour 2SMIC à un tarif horaire minimum basé sur 2,25SMIC/8 soit 2,08 e /Hnette ; en régularisant cette histoire de forfait sur lequel 2 heures n’étaient pas rémunérées, la législation n’a fait que rendre justice aux professionnelles… Pas si sûr ….
En 2015, vous n’avez aucune garantie de recevoir votre salaire, et la multiplication des
services administrant vos cotisations sociales, fait que vous êtes victimes de nombreux impayés et d’erreurs d’enregistrement, ayant des conséquences sur vos droits à venir ( retraite, CPAM,
chômage). Les réductions de vos temps de travail font que malgré la pénibilité de votre tâche, vous êtes obligés de pratiquer de longues amplitudes d’accueil. Alors qu’en mon temps, c’était dix heures par jour mais avec trois enfants! Les reproches et la fatigue en moins….
Avez vous une surveillance et un soutien de vos symptômes par un examen médical dans le
cadre de votre exercice professionnel ? Non pas de Médecine du Travail ! Et l’avis du Médecin de PMI n’est absolument pas acceptable puisqu’il risque de prendre parti…de l’enfant et de sa famille, et non de votre propre intérêt !

Pour revenir sur l’agrément … il est attribué pour cinq ans, pour des enfants de 0 à 18 ans et
sur des critères d’âges définis au bon vouloir de votre visiteur social… ! Tous les parents ne prennent pas de congé parental ?Et VOTRE formation contient elle des modules d’apprentissages des connaissances pour accueillir des enfants de plus de six ans ?

Le mode de fonctionnement d’un enfant est bien différent, selon qu’il ait 3 mois, 3 ans, 6 ans
ou…. plus de dix ans !
Vous parlez aussi de syndicat professionnel, mais combien d’assistants maternels sont
syndiqués par rapport à l’ensemble des centaines de milliers de professionnels ?
Cela veut dire qu’une infime partie des assistants maternels est entendue, mais tous les
autres ? Ont-ils été un jour contactés par le Législateur ?
Il est essentiel que la situation s’améliore et vite, par des réformes efficaces. Vos initiatives
sont logiques et vont dans le bon sens pour tous. Vous êtes courageuses et je vous félicite d’avoir eu l’audace d’un tel projet.
Cette profession n’a rien perdu de sa précarité depuis 45 ans. Elle n’a pas non plus évolué
dans le sens où elle permettrait de rassurer les jeunes parents. Le travail au noir est en nette
augmentation. Les gens ne regardent que leur porte-monnaie. Ce qui est en totale contradiction avec ce que prétendent d’autres, quant à la qualité de l’accueil du jeune enfant.
J avais une aisance de travail et des libertés que vous n’avez plus aujourd’hui. Sans pour
autant mettre les enfants en danger. J ‘exerçais dans un esprit de travail au sein d’une unité familial. Le parent était libre de ses choix de soin : le comble quand les produits sont en vente libre et qu’il faut exiger à présent, un certificat médical pour les utiliser. Faut il laisser un enfant souffrir d’un mal de dent, ou passer la journée avec de la fièvre ? Pour moi cela se nomme de la maltraitance ! Tout comme une visite impromptue d’une assistante sociale qui vient troubler le sommeil des enfants en pleine après-midi ! Ou bien cette autre puéricultrice, en entretien chez une assistante maternelle, et qui donne ordre à celle-ci de « punir » l’enfant de 15 mois qui pleure, apeuré par la visite d’une inconnue dans la maison.
Vous avez des avantages ? Quels avantages ? En exercice, les parents me fournissaient tout
le matériel dont j’avais besoin pour leur enfant ! Aujourd’hui c’est vous qui avez obligation de
disposer de lit, literies, bavoirs, parc, chaises hautes, poussettes, et tout le nécessaire à l’éveil, au confort et à la sécurité de l’enfant…. pour 3 euros par jour ?…. comprenant également l’entretien du lieu de vie ? Non mais oh ! Celui qui a voté cette somme ne doit pas faire les courses tous les jours !
Il a toutefois précisé qu’il s’agit d’un « minimum » ! Or, combien de parents acceptent de payer au-dessus de ce minimum ?
Outre le fait de recevoir une parfaite reconnaissance de vos compétences, vous êtes en
mesure légitime d’exiger en contre-partie, la refonte totale de la CCN et de vos statuts
professionnels qui ont été signés dans la précipitation en 2004 sans aucune concertation des besoins réels de terrain et des intéressés. Le XXIeme siècle a vu ces besoins se modifier. Que les assistants maternels intègrent dans leur pratique le fait d’obtenir un diplôme et de suivre une formation continue, je suis d’accord, mais ce n’est pas à eux de subir les restrictions budgétaires, l’absence de salaire, la précarité, les insultes et les humiliations. Tout comme il est essentiel de faire un grand ménage dans les pratiques de certains d’entre eux, qui ne font pas honneur à la profession.
J’avoue être bien heureuse de me trouver à la retraite ! Malgré tous les beaux moments vécus
dans la profession. Je pense que la majeure partie de mes anciennes collègues serait d’un avis
identique. Avec le recul, je ne m’engagerais pas dans cette profession,qui, au vu des conditions
actuelles de ses pratiques et du suivi des PMI, manque de reconnaissance sur bien des points.

On protège l’enfant, mais on oublie la femme/l’homme et la mère/le père que vous êtes !
Mon bilan est plutôt négatif quant à l’avenir si rien ne change. Je vous souhaite un avenir
meilleur, engagé sur de bonnes bases, tant sur la formation que sur l’exercice de la profession.
Je soutiens bien évidemment votre démarche et c’est avec plaisir que je lirai vos articles.
Cathy, votre porte-parole, m’indique qu’un chiffre impressionnant de 60 % remet en cause
les pratiques litigieuses dans la profession. J’ai cessé mon activité depuis trop longtemps pour en juger vraiment, mais avec ce que je constate et j’entends chaque jour autour de moi, je pense que vous n’êtes pas loin de ce pourcentage d’appréciation. Il suffit d’observer toutes les galères rencontrées par les parents de jeunes enfants, proches de moi. LA nounou sérieuse et engagée dans la profession est loin d’être une généralité de ce métier. Malheureusement pour votre image !
Au nom du CAMAM, nous vous remercions Anne-Marie, pour avoir apporter votre long
témoignage avec autant de disponibilité et de sincérité.

Nous vous souhaitons une retraite longue et apaisée.

C’est moi qui vous remercie, et surtout je vous demande d’aller jusqu’au bout de vos
convictions. Bon courage à tous !
Anne-Marie
( ancienne « nourrice agréée »)

Le CAMAM ne censure pas,  transmet la parole, informe sans jugement!

-non libre de droit-